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Du fond de leur prison, journalistes et opposants politiques prennent la parole

Ali Abdullah
Ali Abdullah

AP/Zeina Karam

Les prisonniers politiques en Syrie sont très mal traités, souligne le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI), qui vient de rendre publique une lettre signée à la fin juin par des prisonniers d'opinion internés à la Prison Centrale de Damas. À la veille de la visite fortement médiatisée du Ministre des Affaires étrangères de France en Syrie la semaine dernière, Reporters sans frontières (RSF) a aussi attiré l'attention sur les piètres conditions de détention.

Dans leur lettre, les prisonniers politiques, dont de nombreux blogueurs et journalistes, disent être constamment surveillés, les gardiens de sécurité écoutent leurs conversations avec les membres de leurs familles et leurs avocats.

Les prisonniers disent être contraints de dormir à même le sol parce qu'il n'y a de lits que pour la moitié d'entre eux. Aussi y a-t-il fréquemment des descentes et on peut les jeter en isolement cellulaire pendant 10 jours pour possession d'un objet aussi inoffensif qu'une cuiller.

Un certain nombre de prisonniers sont en mauvaise santé et nécessitent des soins médicaux, notamment l'avocat, écrivain et militant Ali Al-Abdullah. L'ancien parlementaire Riad Seif et le Dr Kamal Labwani souffriraient d'un cancer non traité de la prostate.

- On est sans nouvelles du fils d'Ali Al-Abdallah, Omar, détenu lui aussi depuis 2006, en même temps que six autres étudiants, pour avoir pris part à un groupe de discussion en ligne sur la démocratie. Le frère d'Omar, Mohammad Al-Abdallah, s'est demandé récemment dans un blogue si son frère et les autres étudiants sont toujours en vie, depuis les émeutes survenues dans la prison de Sednaya en juillet 2008 : http://raye7wmishraj3.wordpress.com

Décriant la situation « très mauvaise » dans laquelle se trouvent les militants politiques et les membres des médias en Syrie, RSF a demandé que pendant sa visite les 11 et 12 juillet, le Ministre des Affaires étrangères de France Bernard Kouchner fasse pression sur la Syrie pour qu'elle respecte les droits de la personne, ceux notamment à la libre expression et à la liberté de la presse. Aucune allusion aux droits de la personne n'a figuré dans les reportages sur cette visite.

Cinq blogueurs sont toujours détenus en Syrie, et plusieurs magazines, dont « Al-Shababik », « Al-Mal » et « Syria Today », sont suspendus depuis peu, rapporte RSF. Une loi draconienne sur la presse, qui date de 2001, permet par ailleurs au premier ministre de Syrie de décider qui peut et ne peut pas travailler comme journaliste dans le pays, et permet d'incarcérer les journalistes pour « atteinte au prestige ou à la dignité de l'État, à l'unité nationale et au moral des forces armées ».

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