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Un journaliste est détenu à cause de ses critiques du gouvernement; la libre expression des Kurdes est systématiquement visée

Lors d'une vague récente d'arrestations arbitraires de dissidents, un journaliste qui avait écrit des articles sur la corruption gouvernementale et qui s'était porté à la défense d'autres journalistes harcelés par les autorités a été arrêté le 22 novembre, rapporte Reporters sans frontières (RSF). La communauté kurde est également visée par les violations de la libre expression commises par les autorités syriennes, rapporte Human Rights Watch.

Le journaliste Ma'an Aqil, du quotidien gouvernemental « Al-Thawra », a été arrêté à son bureau à Damas et il est détenu, rapports RSF. Deux jours plus tard, il a été congédié. Des agents de la sécurité nationale harcèlent Aqil depuis un an à cause de ses critiques à l'égard du gouvernement. En 1987 il a été condamné à neuf ans de prison pour avoir appartenu à la Ligue d'Action communiste, un parti interdit.

« Le harcèlement, les convocations, interrogatoires, arrestations, condamnations - les pratiques de l'appareil judiciaire syrien et des systèmes de sécurité érodent constamment la liberté des médias et la libre expression », dit RSF. « Le président Bashar Al-Assad a construit de lui l'image d'un négociateur international, mais les Syriens qui défendent la libre expression sont mis de côté et emprisonnés, l'un après l'autre. »

D'après RSF, d'autres dissidents sont emprisonnés sur la base d'accusations bidon d'affaiblir la sécurité nationale. Muhannad Al-Hassani, président de l'Association des Droits de l'Homme en Syrie, risque de trois à quinze ans de prison. Anouar Al Bunni, juriste défenseur des droits de la personne, qui a pris la défense de prisonniers politiques, purge une peine de cinq ans de prison.

Dans une autre affaire, un écrivain kurde politiquement engagé et membre du Conseil National de la Déclaration de Damas, Pir Rustem, a été arrêté en novembre, selon ce que rapportent RSF et l'Association internationale de soutien aux Kurdes de Syrie (International Support Kurds in Syria Association, SKS), un groupe local de défense des droits.

Les Kurdes sont particulièrement visés depuis qu'ils ont tenu des manifestations de masse en 2004, indique un rapport de Human Rights Watch publié en novembre. Le dossier, intitulé « Group Denial: Repression of Kurdish Political and Cultural Rights in Syria » (Déni de groupe : Répression des droits politiques et culturels des Kurdes en Syrie), documente la détention de militants politiques et les efforts pour interdire les réunions qui appellent à la défense des droits des minorités ou qui célèbrent la culture kurde. La police a tiré dans la foule à au moins deux occasions.

Les services de renseignement militaire ont lancé en 2004 un avertissement aux dirigeants politiques kurdes, leur disant que tous les partis politiques kurdes en Syrie devaient cesser leurs activités politiques et culturelles; sinon, le gouvernement allait les traiter comme les membres des autres partis interdits, dit le rapport. Les forces de sécurité se sont concentrées sur les dirigeants politiques qu'ils ont arrêtés et facilement traduits devant des tribunaux militaires sous l'accusation d'appartenir à des organisations soi-disant interdites.

Le rapport est basé sur des entrevues réalisées auprès de 30 activistes kurdes libérés récemment, ainsi qu'auprès de 15 proches parents de militants kurdes toujours en prison. Ces militants ont dit à Human Rights Watch qu'on les a détenus au secret dans des détachements des forces de sécurité et qu'on ne leur a que rarement permis de communiquer avec leur famille. Beaucoup d'entre eux disent avoir été torturés par les services de sécurité.

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    "Alors que le président Bachar Al-Assad se crée une image de négociateur international, les défenseurs syriens de la liberté d'expression sont, un à un, marginalisés et emprisonnés", a déclaré RSF.



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