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Une jeune blogueuse détenue depuis neuf mois; les membres de l'IFEX font rapport sur l'épouvantable dossier du Président en matière de droits

Une écolière de l'école secondaire et blogueuse de 19 ans est détenue au secret depuis neuf mois par les services de renseignement syriens, selon ce que rapportent le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI), Human Rights Watch et Reporters sans frontières (RSF). Cette année, tant le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) que Human Rights Watch ont fait valoir qu'après une décennie d'exercice du pouvoir par l'actuel Président de la Syrie Bachar al-Assad, les conditions de la libre expression ne se sont pas améliorées, le gouvernement jetant en prison les reporters critiques et procédant au filtrage de l'Internet.

Le 27 décembre 2009, Tal al-Mallouhi a été convoquée pour interrogatoire au sujet d'éléments de son blogue, et est détenue depuis sans procès. La sécurité d'État a confisqué à son domicile son ordinateur, des CD et des livres. L'ANHRI presse le Président de révéler le lieu de sa détention, de la libérer ou d'annoncer quels sont les chefs d'accusation qui pèsent contre elle et de la soumettre à un procès équitable. Au Caire, la police empêche le 19 septembre les représentants de l'ANHRI et les organisateurs d'une manifestation qui se déroule à l'extérieur de l'ambassade de Syrie de remettre à l'Ambassadeur une lettre qui demande la remise en liberté d'al-Mallouhi.

Al-Mallouhi tenait trois blogues dans lesquels elle critiquait la politique internationale arabe et syrienne et l'Union pour la Méditerranée, un partenariat entre l'Union européenne et les pays du bassin méditerranéen. Des activistes syriens s'inquiètent qu'elle soit détenue à cause d'un poème qu'elle a écrit dans lequel elle critique les restrictions imposées à la liberté d'expression en Syrie.

Au moins cinq journalistes et citoyens de la toile sont détenus à l'heure actuelle en Syrie. En 2009, le CPJ a inscrit la Syrie au troisième rang de sa liste des 10 pires pays où être blogueur, compte tenu des arrestations, des mesures de harcèlement et des restrictions auxquelles les écrivains en ligne font face.

Dans une lettre transmise en juillet 2010 au Président al-Assad, le CPJ demandait la libération d'Ali al-Abdallah, journaliste pigiste détenu en dépit du fait qu'il a purgé la totalité d'une peine de 30 mois de prison pour un article critique qu'il a écrit pendant qu'il était en prison. Le CPJ demandait également l'abandon des accusations criminelles contre les journalistes d'enquête Bassam Ali et Suhaila Ismail.

Le CPJ demandait au Président de modifier la Loi sur la presse en vigueur dans le pays. À l'heure actuelle, la Loi sur la presse dispose que toutes les publications privées soient dotées d'un permis du gouvernement, et que les demandes peuvent être rejetées si la publication proposée est considérée comme une menace à « l'intérêt national » du pays. Aussi, le ministre de l'Information est investi de pouvoirs illimités pour décider qui est et qui n'est pas journaliste et qui peut obtenir une carte de presse.

Les journalistes sont souvent accusés aux termes de vastes dispositions prévues au Code pénal portant sur les activités hostiles à l'État et fondées sur des « actes, écrits ou propos non autorisés par le gouvernement, qui exposent la Syrie au danger d'actes de guerre ou qui perturbent les liens de la Syrie avec des États étrangers ».

Human Rights Watch a rendu public en juillet un rapport de 35 pages intitulé « A Wasted Decade: Human Rights in Syria during Bashar al-Asad's First Ten Years in Power » (Une décennie gaspillée : Les droits de la personne en Syrie pendant les dix premières années au pouvoir de Bachar al-Asad), dans lequel il examine par le menu le bilan désastreux des restrictions à la liberté d'expression. Le rapport indique que la censure est généralisée et s'étend à des sites web comme Facebook, YouTube et Blogger, tandis que le filtrage des sites web politiques est insidieux. Le ministère de l'Information passe au crible tous les journaux avant leur distribution. Les deux quotidiens privés de la Syrie couvrant des sujets politiques qui sont restés ouverts appartiennent à des hommes d'affaires qui entretiennent des liens étroits avec le régime.

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