RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Une adolescente blogueuse est condamnée à cinq ans de prison

La jeune blogueuse Tal al-Mallohi
La jeune blogueuse Tal al-Mallohi

Une blogueuse de 20 ans a été condamnée à cinq ans de prison pour atteinte à la sécurité de l'État, selon ce que rapportent le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network of Human Rights Information, ANHRI), Reporters sans frontières (RSF), le Comité des écrivains en prison du PEN International (PEN International's Writers in Prison Committee, WiPC) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Le 14 février, la Haute cour de sécurité d'État à Damas, un tribunal spécial créé afin de poursuivre les personnes considérées comme constituant une menace pour l'État, a condamné Tal al-Mallohi à l'issue d'un procès à huis clos à cinq ans de prison pour avoir « divulgué des informations à un État étranger », selon ce qu'indiquent les membres.

Le tribunal n'a présenté aucun élément de preuve que ce soit ni aucune précision quant aux motifs du verdict. On croit généralement que al-Mallohi est visée à cause de ses poèmes et de ses écrits publiés en ligne, qui portent sur des questions politiques et sociales, comme le sort des Palestiniens après les opérations militaires de 2008 à Gaza.

Le verdict de la Cour de sécurité d'État est final, sans possibilité d'appel.

Al-Mallohi est détenue depuis décembre 2009, après que les forces de sécurité d'État l'eurent convoquée pour être interrogée sur les propos affichés sur son blogue. Après son arrestation, les forces de sécurité ont fouillé son domicile et confisqué son ordinateur. Elle a été détenue au secret en un lieu inconnu, sans accusation ni aucun accès à sa famille, pendant les neuf premiers mois de sa détention.

Son arrestation a déclenché dans le monde entier des campagnes pour la faire libérer (FreeTal.com).

L'affaire Al-Mallohi n'est qu'un élément dans un vaste système de recours aux forces de sécurité pour étouffer la dissidence. Selon le CPJ, la Loi d'urgence en vigueur depuis 1963 autorise la suspension de nombreux droits politiques et civils et investit le gouvernement de vastes pouvoirs qui lui permettent de détenir les individus pendant des périodes prolongées et de les traduire devant des tribunaux militaires.

Human Rights Watch souligne que la Syrie fait appel à la Cour de sécurité d'État pour faire taire les dissidents, notamment les activistes kurdes, la minorité ethnique non arabe la plus importante de Syrie, en les condamnant à de longues peines de prison, souvent en vertu de dispositions du code pénal de Syrie sur la « sécurité », formulées en termes vagues. Un grand nombre de dissidents sont détenus au secret pendant de longues périodes et sont soumis à des mauvais traitements et à la torture.

Le WiPC rapporte que le journaliste Ali al-Abdullah, qui est en prison et dont la peine de deux ans et demi qui lui a été infligée pour ses écrits dissidents et son opposition non violente a pris fin en juin 2010, risque d'être accusé de nouveau d'avoir « répandu de fausses informations » à cause d'un article qu'il a écrit en prison. Il a comparu le 7 février devant un tribunal militaire à Damas.

Freemuse et Amnistie Internationale rapportent que le chanteur kurde Bave Salah a été arrêté à Alep le 24 janvier, même s'il n'a aucune affiliation politique.

« Il ne saurait y avoir de règle de droit en Syrie tant que les services de sécurité, qui inspirent la peur, restent au-dessus des lois », dit Human Rights Watch. « Si le Président Bachir al-Assad est sérieux quand il parle de réformes, il devrait commencer par les services de sécurité et dissoudre la Cour de sécurité d'État. »

Le WiPC a traduit un exemple de la poésie d'al-Mallohi :

Tu resteras un exemple
À Gandhi

Je marcherai avec tous ceux qui marchent
Et non
Je ne resterai pas immobile
Rien que pour regarder les gens passer

C'est ma patrie
Dans laquelle
J'ai
Un palmier
Une goutte dans un nuage
Et un cimetière pour me protéger

Cela est plus beau

Que toutes les cités de brouillard
Et que les cités qui
Ne me reconnaissent pas

Mon maître
J'aimerais avoir la force
Même un seul jour
De bâtir la « république des sentiments »

(Traduit en français par Jacques Isabelle)

ADDITIONAL INFORMATION
Alertes liées au même sujet sur ifex.org


Dernier Tweet :

IFEX is hiring! We’re looking for a talented individual for the position of Projects Specialist to join our Secreta… https://t.co/ApSFuRfaT3