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Les disparitions et les détentions de journalistes atteignent des proportions « catastrophiques »

Razan Zaitouneh vit dans la clandestinité depuis que les autorités ont commencé à la rechercher parce qu'elle documentait les violations des droits de la personne
Razan Zaitouneh vit dans la clandestinité depuis que les autorités ont commencé à la rechercher parce qu'elle documentait les violations des droits de la personne

Tandis que le régime militaire syrien assassinait ces derniers mois des centaines de citoyens qui protestaient contre la dictature, le patron des disparitions et des détentions de journalistes se poursuivait lui aussi, selon ce que rapportent le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF).

D'après l'ANHRI, un grand nombre des personnes arrêtées demandent la fin du régime illégitime, qui ne fléchit pas dans la violence de sa répression depuis l'annonce des sanctions de la Ligue arabe, le 12 novembre. Les membres de la Ligue arabe retirent leurs ambassadeurs de Syrie et suspendent la Syrie de la Ligue. Pendant les manifestations de la dernière semaine en Syrie en faveur des sanctions, l'armée a tué 22 manifestants, rapporte l'ANHRI.

« La situation en Syrie est devenue catastrophique. Les meurtres des manifestants qui exigent la chute du régime se poursuivent. Les détentions se multiplient jour après jour. Les leaders d'opinion sont enlevés et emmenés vers des destinations inconnues », dit l'ANHRI.

Parmi ceux qui sont portés disparus en octobre seulement, on note Lina Ibrahim, journaliste au journal « Tishreen », Wael Youssef Abaza, correspondant pigiste, et les blogueurs Jehad Jamal et Hussein Garir, selon ce que rapportent les organisations de l'IFEX.

Juste avant sa disparition, Garir avait publié un texte qui disait « Le silence ne nous aidera plus. Nous ne voulons pas un pays où nous sommes emprisonnés à cause de ce que nous disons. Nous voulons un pays qui accueille la parole et la fait sienne », selon ce que rapporte l'ANHRI.

On ne sait pas si les personnes disparues se sont cachées, sont mortes ou sont détenues, les autorités refusant de dévoiler les noms des prisonniers politiques, indique le Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression (SCM).

Parmi les personnes détenues en octobre se trouvent l'écrivain Ehsan Taleb et Nizar Madani, qui est membre du Conseil central de la Coordination nationale. D'après l'ANHRI, ils sont détenus en un lieu inconnu.

Par ailleurs, l'avocate et championne de longue date des droits de la personne Razan Zaitouneh, 34 ans, vit dans la clandestinité depuis avril, soit depuis que les autorités ont entrepris de les rechercher, elle et son mari, parce qu'elle documentait les violations des droits de la personne, dont le nombre a explosé depuis le début des troubles en Syrie, en mars dernier. Le mois dernier, Amnistie Internationale lui a décerné le prix Anna-Politkovskaïa 2011, en honneur de la journaliste russe assassinée en 2006 et dont les tueurs n'ont toujours pas été traduits en justice.

Les arrestations et les enlèvements en octobre ne sont que les derniers en date de dizaines, voire de centaines de défenseurs de la libre expression pourchassés par les forces de l'État, indique un rapport publié le mois dernier par le SCM. Le rapport documente 114 violations des droits commises depuis mars 2011 contre des travailleurs des médias, des blogueurs et des intellectuels, mais constate qu'en raison des nombreuses limites imposées à leurs enquêtes, notamment aux restrictions massives à l'entrée des médias dans les zones volatiles, il est plausible que les vrais chiffres soient beaucoup plus élevés.

Les violations systématiques et choquantes des droits dans le gouvernorat et la ville de Homs – où a commencé le soulèvement – ont mené Human Rights Watch à demander au Conseil de sécurité des Nations Unies d'imposer un embargo sur les armes et de déférer devant la Cour pénale internationale les personnes responsables de la mort de civils sans armes.

D'après la recherche effectuée par Human Rights Watch, les forces de sécurité ont tué 587 civils rien que dans le gouvernorat de Homs entre la mi-avril et la fin août. Les forces de sécurité ont tiré sur les quartiers résidentiels avec des canons anti-aériens montés sur des véhicules blindés et ont installé des postes de contrôle qui ont coupé les approvisionnements en vivres et en médicaments.

L'ANHRI rapporte également que les forces de sécurité syriennes ont brûlé des livres de la bibliothèque d'Al-Mazraa et des œuvres d'art situées à l'intérieur du Hall Alpha, qui appartiennent respectivement à un militant et à un artiste qui appuient ouvertement le mouvement d'opposition.

Compte tenu des restrictions massives imposées aux médias en Syrie, les journalistes étrangers travaillent dans la clandestinité et misent sur les « fixers », les journalistes et les interprètes locaux pour les aider, rapporte RSF. À la lumière des rapports des Syriens à propos de la torture, des longues périodes d'incarcération et même de la mort que risquent ceux qui aident les médias internationaux, RSF invite les journalistes étrangers à plus de vigilance afin de protéger leurs sources et leurs collègues syriens.

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