RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Des membres de l'IFEX tirent la sonnette d'alarme devant la détérioration de la situation tandis qu'un cameraman est retrouvé mort et qu'un blogueuse est détenue

La blogueuse Razan Ghazzawi est détenue depuis le 5 décembre, date à laquelle elle a été arrêtée au moment où elle tentait de franchir la frontière pour assister à une conférence à Amman, en Jordanie
La blogueuse Razan Ghazzawi est détenue depuis le 5 décembre, date à laquelle elle a été arrêtée au moment où elle tentait de franchir la frontière pour assister à une conférence à Amman, en Jordanie

À la suite de la mutilation et du meurtre d'un cameraman en Syrie, meurtre survenu au moment où les arrestations et les disparitions de défenseurs de la libre expression sont à l'ordre du jour, de nombreux groupes membres de l'IFEX invitent le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies (UNHRC) à prendre des mesures pour que rendent des comptes les personnes responsables des violations massives.

Entre autres demandes, les membres de l'IFEX invitent l'UNHRC à tenir une séance spéciale sur la Syrie et à déployer sur le terrain une équipe de surveillance de la situation des droits de la personne. En outre, les organisations exigent du Conseil de sécurité qu'il réfère immédiatement à la Cour Pénale Internationale (CPI), aux fins de poursuites, les crimes qui relèvent de sa compétence.

Une lettre conjointe a été transmise le 20 novembre à l'UNHRC, lettre dont l'initiative appartenait à l'Institut du Caire pour les études sur les droits de la personne (Cairo Institute for Human Rights Studies, CIHRS) et contresignée par le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI), le Centre des droits de la personne de Bahreïn (Bahrain Center for Human Rights, BCHR), le Centre des droits de la personne du Cambodge (Cambodian Center for Human Rights, CCHR) et Human Rights Watch, ainsi que par des dizaines d'autres organisations de la société civile à travers le monde.

La déclaration conjointe a été rendue publique à peine deux jours après la découverte du corps horriblement mutilé d'un cameraman syrien. Le cadavre avait été abandonné sur la route principale dans un village; l'œil droit était sorti de l'orbite. Farzat Ejerban a été vu pour la dernière fois vivant au moment de son arrestation alors qu'il était en train de filmer les manifestations d'al-Qasir, dans le gouvernorat de Homs, lors d'un week-end au cours duquel les forces de sécurité ont tué au moins quatre personnes, selon ce que rapportent l'ANHRI, le CPJ et d'autres groupes membres de l'IFEX. Depuis que la violence d'État a éclaté dans la province de Homs au début de cette année, Ejerban avait capté courageusement les événements qui survenaient dans la province pour le compte de nombreuses chaînes de nouvelles arabes, en dépit du fait que les journalistes étaient interdits dans la région.

Le gouvernement syrien poursuit implacablement ceux qui osent rapporter la nouvelle sur les événements tandis qu'il perd constamment de son autorité, disent les membres de l'IFEX. Le 5 décembre, la blogueuse Razan Ghazzawi a été arrêtée au moment où elle tentait de traverser la frontière pour assister à une conférence à Amman, en Jordanie, selon ce que rapportent le Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression (Syrian Center for Media and Freedom of Expression, SCM), ainsi que l'ANHRI, Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Avant d'être elle-même incarcérée, Ghazzawi, qui travaille comme coordonnatrice des médias au SCM, a documenté les détentions de nombreux autres blogueurs.

De nombreux autres journalistes et défenseurs des droits sont toujours disparus, dont Lina Ibrahim, journaliste au journal "Tishreen", et le reporter pigiste Wael Yousef Abaza, qui n'ont pas été vus depuis plus d'un mois, rapporte l'ANHRI. Un autre journaliste disparu, Mohamed Jamal Tahan, arrêté en septembre, serait mort, à en croire la rumeur, bien que quelques-uns de ses partisans les aient niées, indique RSF.

Tandis que certains activistes restent cachés en des lieux non dévoilés, le gouvernement syrien en inculpe d'autres publiquement. Selon RSF, cinq activistes, dont quelques cinéastes et blogueurs, ont comparu devant le tribunal début décembre, bien que l'on n'ait peu de renseignements accessibles sur ces affaires. D'après l'ANHRI, les charges récentes portées contre des défenseurs de la liberté d'expression comprennent "atteinte au prestige de l'État" et "incitation à protester".

Une bonne nouvelle, maintenant : les blogueurs Rudy Osman, Assem Hamchou, Hanadi Zahlout, Hossein Ghoureir et Malak Al-Shanawani, ainsi que le journaliste pigiste Omar al As'ad ont été remis en liberté les 30 novembre et 1er décembre, indique RSF. Ils figuraient parmi les 900 prisonniers et adversaires politiques libérés, selon ce que rapporte RSF.

ADDITIONAL INFORMATION


Dernier Tweet :

The @ifjasiapacific ,@RSF_AsiaPacific , & @CPJAsia reaffirm that amidst the ongoing political turmoil in the Maldi… https://t.co/kZ2GBn3RV1