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Sous les bombardements, les forces de sécurité torturent des enfants, dit Human Rights Watch

Des enfants sont détenus et torturés tout comme les adultes par les forces syriennes qui tentent d’écraser les manifestations de l’opposition, dit Human Rights Watch
Des enfants sont détenus et torturés tout comme les adultes par les forces syriennes qui tentent d’écraser les manifestations de l’opposition, dit Human Rights Watch

REUTERS

La sanglante répression de la dissidence en Syrie ne discrimine pas selon l'âge : des enfants d'à peine 13 ans sont détenus et torturés en toute impunité par les forces armées syriennes qui combattent les manifestations de l''opposition. Tout est documenté dans un nouveau rapport de Human Rights Watch.

Tandis que les combats entre l'armée du régime et les rebelles ne montrent aucun signe d'apaisement, le dossier de Human Rights Watch donne des précisions sur 12 exemples d'enfants détenus dans des conditions « inhumaines » et torturés, ainsi que d'autre cas d'enfants abattus chez eux à la maison ou dans la rue, ou arrêtés dans les écoles.

« Des enfants, certains âgés de 13 ans à peine, ont rapporté Human Rights Watch que des officiers les ont tenus en isolement cellulaire, gravement battus et soumis à des chocs électriques, brûlés avec des cigarettes, et laissés suspendus pendant des heures par les poignets à des barres de métal », indique le rapport.

Les parents d'un garçon de 13 ans de Latakia ont déclaré que leur fils a été détenu pendant neuf jours en décembre après avoir été accusé d'avoir brûlé des photos du Président Bachar al-Assad, ce qui aurait incité d'autres enfants à protester et à vandaliser des véhicules des forces de sécurité. Des officiers de la sécurité ont brûlé l'enfant avec des cigarettes dans le cou et sur les mains, puis ont versé de l'eau bouillante sur son corps, toujours selon ses parents.

Un garçon de 16 ans de Tal Kalakh a déclaré à Human Rights Watch que les forces de sécurité syriennes l'ont détenu pendant huit mois dans divers centres de détention après qu'il eut participé à des manifestations lors desquelles il a lu de la poésie politique. Pendant une séance de torture, on lui a mis des menottes et on l'a suspendu pendant sept heures au plafond, tandis que ses orteils touchaient à peine le sol.

« Pendant que j'étais là, suspendu, ils m'ont battu pendant environ deux heures avec des câbles et ils m'ont électrocuté avec des bâtons électriques à bétail. Puis ils ont répandu de l'eau sur le sol et sur moi et ont ajouté un courant électrique, et j'ai senti le choc. Je pensais que j'allais mourir », a dit le garçon, qui n'a été relâché qu'après que son père eut versé 25 000 livres syriennes (436 $US) à un gardien de prison.

Un ancien détenu adulte a indiqué à Human Rights Watch que certains enfants étaient soumis à des traitements pires que ceux des adultes, notamment à des viols, parce que c'étaient des enfants.

« Dans bien des cas, les forces de sécurité ciblent les enfants exactement comme des adultes », dit Lois Whitman, directrice du bureau des droits des enfants à Human Rights Watch.

Selon les Nations Unies, plus de 400 enfants ont été tués depuis 11 mois que dure la répression, et presque le même nombre d'enfants est détenu.

Certaines arrestations ont lieu dans les écoles. Une fille de 17 ans a dit à Human Rights Watch que les forces de sécurité étaient entrées dans son école et avaient arrêté tous les garçons de sa classe, après les avoir interrogés à propos de slogans hostiles au régime qui étaient peints sur les murs de l'école.

La plupart des écoles de Syrie sont maintenant fermées en raison des troubles, qui ont fait des milliers de morts depuis mars dernier. Un grand nombre d'écoles ont été transformées en centres de détention, avec des tireurs d'élite embusqués sur les toits.

Le rapport de Human Rights Watch est également accessible en russe afin de joindre la Russie, qui le 4 février s'est jointe à la Chine pour opposer son veto à une résolution d'appui à la Ligue arabe qui demandait au Président Bachar al-Assad de quitter le pouvoir.

D'après les dépêches, Moscou est un allié stratégique de la Syrie par des décennies de soutien au règne de la famille Assad, et un fournisseur majeur d'armes à Damas; de plus la Russie s'irrite des tiers qui tentent de dicter des changement de politique intérieure à Damas.

La décision controversée des deux pays est survenue pendant l'attaque la plus meurtrière menée par l'armée syrienne depuis le début des protestations il y a presque un an. D'après l'Institut international de la presse (IIP), le journaliste indépendant de l'AFP Mazhar Tayyara a été tué le 7 février dans la ville assiégée de Homs, bombardée depuis plusieurs jours par l'armée syrienne. Il est le quatrième journaliste à être tué depuis le début du soulèvement, indique l'IIP.

Les médias syriens dirigés par l'État nient que l'armée ait déclenché le bombardement de Homs, et insistent pour dire que « des groupes terroristes armés » attaquent les civils et la police, selon les dépêches.

Comme le font remarquer les membres de l'IFEX, il est pratiquement impossible de vérifier les comptes rendus des activistes ou des médias d'État, la Syrie restreignant l'accès des médias indépendants et interdisant en grande partie aux médias étrangers toute présence à l'intérieur de ses frontières.

Comme l'a déclaré le chef du bureau de la liberté de la presse à l'IIP, Anthony Mills, « l'absence des médias indépendants pour couvrir la situation en Syrie entrave gravement la compréhension que peut avoir le monde de ce qui se passe la-bas. Le rôle du journaliste est de rapporter les faits, et non de prendre parti dans un conflit. Nous prions instamment le gouvernement syrien de mettre fin au blocus des médias et de permettre aux journalistes indépendants de faire leur travail. »

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