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Les citoyens-journalistes demeurent la cible

Des journalistes quittent une rue menant à l'édifice de la Sécurité nationale à Damas
Des journalistes quittent une rue menant à l'édifice de la Sécurité nationale à Damas

REUTERS/Khaled Al Hariri

(RSF/IFEX) - Le 12 juillet 2012 - Reporters sans frontières a appris, avec une profonde tristesse, l'assassinat de deux citoyens-journalistes syriens. Elle a également reçu confirmation de la mort de trois autres d'entre eux, dont au moins un a \perdu la vie alors qu'il était en train d'exercer une activité journalistique. Le 4 juillet 2012, Suhaib Dib a été victime d'un assassinat ciblé par les forces de l'ordre, à Al-Meliha (banlieue de Damas). Encore lycéen, il était néanmoins l'un des activistes les plus impliqués dans la ville, notamment dans la diffusion d'informations à propos du soulèvement et de la répression.

Le 21 juin dernier, Omar Al-Ghantawi, qui n'avait même pas 20 ans, a été tué par un sniper, à Homs, alors qu'il était en train de filmer le bombardement des quartiers de Jobar et d'Al-Sultaniyeh. Technicien en téléphonie mobile avant le début du soulèvement, il a quitté son travail pour couvrir la révolution. Il est l'auteur de centaines de clichés et de vidéos documentant notamment les exactions commises par le régime de Bachar Al-Assad.

Omar Al-Ghantawi était également connu pour avoir déchiré l'un des portraits de Hafez Al-Assad, ancien président de la Syrie et père de l'actuel dictateur, dans le quartier de Baba Amr. Cela lui avait valu d'être pris pour cible par un tireur embusqué, qui l'avait atteint d'une balle dans la poitrine. Cloué au lit pendant trois mois, il avait repris sa caméra dès son rétablissement.

Par ailleurs, Reporters sans frontières a pu confirmer que Ghias Khaled Al-Hmouria avait été tué par balle, le 25 juin 2012, à Douma (banlieue de Damas), alors qu'il filmait une opération mené par l'Armée syrienne libre.

Est également confirmée, la mort des citoyens-journalistes Mohamed Hamdo Hallaq, tué lors du pillonage de la ville d'Azaz (nord d'Alep), le 2 juillet 2012, et Samer Khalil Al-Sataleh, tué dans un bombardement à Douma, le 28 juin 2012. Toutefois, l'organisation n'a pas encore réussi à élucider les circonstances exactes de leurs morts.

Libération

Reporters sans frontières est soulagée par l'annonce de la libération de Abderahman Matar, journaliste pour le quotidien panarabe Al-Hayat, le 9 juillet 2012. D'après certains opposants, son arrestation, un mois plus tôt, faisait suite à des articles qu'il avait écrits. Il aurait été accusé de “publication de fausses informations”, “d'affaiblir le sentiment national”, de “porter atteinte au prestige de l'État” et de “participation à des manifestations non autorisées”.

Cette libération ne doit pas éclipser le sort de dizaines d'autres professionnels de l'information et net-citoyens qui croupissent actuellement dans les geôles syriennes. Parmi eux, le blogueur Hussein Ghreir, arrêté le 18 février dernier au Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression avec quinze autres militants, et qui aurait, d'après Front Line Defenders , recemment entamé une grève de la faim pour protester contre son maintien en détention incommunicado.

Reporters sans frontières réitère son appel à la libération immédiate et sans conditions de tous les professionnels de l'information et citoyens-journalistes emprisonnés en Syrie, rappelant que les autorités syriennes s'étaient engagées à libérer tous les détenus politiques dans le cadre du plan Kofi Annan.

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