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Trois journalistes étrangers détenus par les forces de sécurité syriennes

MISE À JOUR: Cüneyt Ünal, le cameraman turc qui a été détenu en Syrie depuis trois mois, a été liberé. Cependant, il n'y a pas des nouvelles sur le sort d'un correspondant pour Al Hurra, Bashar Fahmi Kadoumi. Le citoyen jordanien est disparu avec Ünal le 20 août à Alep.

(RSF/IFEX) - Le 31 août 2012 - Reporters sans frontières exprime sa vive inquiétude quand au sort de trois journalistes étrangers : Cüneyt Ünal et Bashar Fahmi Al-Kadumi, de la chaîne Al-Hurra, ainsi qu'Austin Tice, freelance américain.

Le 27 août 2012, Cüneyt Ünal, le cameraman turc de la chaîne Al-Hurra, dont on était sans nouvelles depuis le 20 août dernier, est apparu dans un programme de la chaîne pro-gouvernementale Al-Ikhbariya. Il apparaît fatigué, avec des ecchymoses sous les deux yeux. Le journaliste semble clairement contraint de faire des déclarations, affirmant avoir été capturé par des soldats de l'armée régulière à Alep et s'accusant d'avoir été accompagné lors de la couverture des combats par des personnes d'origine étrangère "qui avaient tous une arme à la main", notamment des Saoudiens, Tchétchènes, Libyens et Qataris. La chaîne Al-Ikhbariya a aussi montré le journaliste turc brandissant un lance-roquettes. Reporters sans frontières condamne le recours à ces aveux forcés, filmés et retransmis à la télévision, qui s'inspire des pratiques utilisées par les autorités iraniennes.

Dans cette vidéo, aucune mention n'est faite du reporter jordanien de la chaîne, originaire de Jérusalem-Est, Bashar Fahmi Al-Kadumi, disparu en même temps que son confrère. Dans une déclaration à l'Agence France Press (AFP) le 30 août 2012, le frère du journaliste, Majed Al-Kadumi, a indiqué que le Comité international de la Croix Rouge à Jérusalem avait confirmé à la famille que Bashar Fahmi Al-Kadumi avait été arrêté par l'armée syrienne. Interrogée par l'AFP, la Croix Rouge a refusé de confirmer ou d'infirmer ces déclarations, en raison du caractère confidentiel du travail de l'organisation. D'après l'Armée syrienne libre, le journaliste aurait été blessé à l'épaule au moment de sa capture.

Par ailleurs, l'organisation est sans nouvelles du journaliste freelance américain, Austin Tice, disparu en Syrie depuis le 11 août dernier. D'après certaines sources diplomatiques, le journaliste, qui collabore avec le "Washington Post", Al-Jazeera English et McClatchy serait actuellement détenu par des forces pro-gouvernementales syriennes.

En effet, l'ambassadeur de la République tchèque en Syrie, qui représente les intérêts américains dans le pays, a déclaré, dans une interview avec la télévision tchèque, qu'Austin Tice était vivant et qu'il était détenu par les forces gouvernementales dans la banlieue de Damas.

Si ces informations sont avérées, Reporters sans frontières exhorte les autorités syriennes à libérer ces trois journalistes étrangers ainsi que l'ensemble des professionnels des médias syriens actuellement détenus. A ce jour, au moins 31 journalistes et citoyens-journalistes syriens croupissent dans les geôles du régime.

Reporters sans frontières a appris l'arrestation, le 24 août dernier, de Mohamed Omar Oussou, célèbre écrivain et acteur, avec d'autres membres de sa famille, au cours d'une perquisition à son domicile. Le 23 août 2012, le cinéaste et documentariste Orwa Nyrabia, membre du jury du festival international du film documentaire d'Amsterdam en 2011 et directeur du festival Dox-Box en Syrie, a quant à lui été arrêté à l'aéroport de Damas, alors qu'il s'apprêtait à embarquer pour le Caire. La compagnie aérienne a indiqué qu'il n'avait pas pris l'avion.

Quant au procès contre les collaborateurs du Syrian Center for Media (SCM), une quatrième audience s'est tenue le 29 août dernier. Il semblerait que les autorités souhaitent transférer l'examen de ce dossier à une Cour civile. Le juge doit rendre sa décision le 6 septembre prochain. Reporters sans frontières exprime ses plus vives inquiétudes au sujet de Mazen Darwish et des autres collaborateurs du SCM. Nous rappelons que les charges, qui pèsent contre le président du centre et ses compagnons d'infortune, restent toujours inconnues jusqu'à ce jour, ainsi que le lieu de leur détention.

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