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Journaliste tanzanien harcelé pour être suspecté d'avoir vendu des secrets d'État

(RSF/IFEX) - Le 18 février 2013, Reporters sans frontières a adressé une lettre au ministre tanzanien de l'Intérieur, Emmanuel Nchimbi, pour lui demander de faire cesser la campagne de harcèlement dont sont victimes le journaliste Erick Kabendera et sa famille de la part de représentants des pouvoirs publics.

"Dans le classement 2013 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, la Tanzanie a chuté de 36 places par rapport à l'année précédente", a écrit l'organisation.

"La mort de deux journalistes en l'espace de quatre mois, alors que la Tanzanie avait été épargnée par ces drames jusqu'en septembre 2012, a fortement affecté le monde de l'information au niveau national. Le harcèlement, par les autorités, d'un journaliste aussi reconnu que Erick Kabendera ne peut qu'aggraver le désarroi de la presse tanzanienne, d'autant plus que tout indique que ces mesures d'intimidation ne sont pas le fruit du hasard. Elles touchent un journaliste talentueux, et semblent vouloir protéger un haut responsable que le témoignage de Erick Kabendera met en cause".

"Reporters sans frontières vous demande de bien vouloir rappeler les agents des services de l'immigration à l'ordre afin que cesse ce harcèlement indigne. Notre organisation vous presse également d'insister auprès des autorités de police pour que tout soit mis en œuvre pour garantir la sécurité de Erick Kabendera et de ses proches", a conclu Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières.

Erick Kabendera, ancien journaliste au quotidien The Guardian, a été lauréat en 2009 du David Astor Journalism Award Trust qui prime les journalistes "exceptionnellement prometteurs avec un grand potentiel d'excellence pour le futur". En décembre 2012, ce journaliste a témoigné, à Londres, en faveur de la blogueuse Sarah Hermitage dans un procès qui l'opposait à Reginald Mengi, homme d'affaire tanzanien et propriétaire, entre autres, du journal The Guardian. Depuis son retour en Tanzanie, le journaliste a été victime de plusieurs tentatives d'intimidations. Son domicile a été mis à sac trois fois, et sa nationalité est remise en question, sans motifs légaux, par des agents des services de l'immigration.

Les parents du journaliste, âgés et malades, ont été conduits dans des conditions indignes au siège régional du bureau de l'immigration avant de subir un interrogatoire de plus de huit heures. Il leur a ensuite été demandé de signer des documents sans être autorisés à les lire.

Les parents de Erick Kabendera, qui ont travaillé toute leur vie dans des services de l'administration tanzanienne, ont obtenu quelques explications insatisfaisantes de la part des agents qui les interrogeaient. D'après ces derniers, l'instruction de cette enquête aurait été ordonnée par le Commissaire du département de l'immigration, Magnus Paul Ulungi, et il s'agirait d'une affaire "sensible" qui doit être suivie "de près". Un agent aurait également affirmé que Erick Kabendera serait suspecté d'avoir vendu des secrets d'Etat aux "puissances européennes", mais que "tout se passerait bien" si le journaliste restait "humble".

Dans le classement 2013 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, la Tanzanie a chuté de 36 places par rapport à l'année précédente.

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