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TESCO CONTINUE SA VOLÉE DE POURSUITES EN DIFFAMATION

L'un des géants de la vente au détail de Thaïlande vient de déposer une poursuite exorbitante en diffamation contre une journaliste d'affaires. Ce n'est que la dernière en date d'une série de poursuites judiciaires intentées par des sociétés privées dans le but d'intimider leurs critiques et la presse en général, disent l'Association des journalistes thaïlandais (Thai Journalists Association, TJA), l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud-Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA) et ARTICLE 19.

Tesco Lotus veut obtenir 100 millions de bahts (env. 3,3 millions $ US) en réparations de Nongnart Harniwilai, pour ses chroniques publiées dans le quotidien d'affaires en langue thaïe « Krungthep Turakit », qui remettait en question les plans d'expansion agressive du géant de la vente au détail dans le pays.

Selon la chroniqueuse, la stratégie d'expansion de Tesco troublait les moyens d'existence des résidents locaux, et avait écrit « Tesco Lotus n'aime pas les Thaïs ».

C'est la troisième poursuite en diffamation intentée par Tesco Lotus en Thaïlande depuis novembre dernier. Le détaillant a également intenté une poursuite en diffamation de 100 millions de bahts contre le chroniqueur thaï Kamol Kamoltrakul, ainsi que contre l'ancien député au Parlement et défenseur des consommateurs, Jit Siratranont, pour un milliard de bahts (env. 33 millions $ US), après que ces personnes eurent également critiqué les projets d'expansion de Tesco.

Selon la SEAPA, l'expansion de chaînes étrangères de vente au détail constitue depuis longtemps une question politique majeure en Thaïlande, parce que cette expansion élimine des dizaines de milliers de petits détaillants à travers le pays.

La SEAPA voit dans les poursuites de Tesco Lotus - ainsi que dans d'autres poursuites en diffamation intentées par des entreprises thaïes similaires - « comme du harcèlement, purement et simplement, non seulement des défenseurs des consommateurs et des acteurs de la société civile thaïe, mais des journalistes et des commentateurs en général ».

Les poursuites en diffamation mettent à l'épreuve une nouvelle loi du pays qui vise à habiliter les maisons d'édition, mais qui fait apparemment que les journalistes se sentent personnellement davantage vulnérables, fait remarquer la SEAPA. La Loi de 2006 sur l'enregistrement de la presse n'exige plus que les rédacteurs et éditeurs des journaux de Thaïlande partagent automatiquement et collectivement les poursuites en diffamation intentées contre leurs rédacteurs; ceux qui intentent de telles poursuites ont désormais le choix de poursuivre la personne - ce qu'a fait Tesco Lotus.

Selon la SEAPA, la stratégie « envoie un message qui donne froid dans le dos et constitue un facteur de division dans le secteur des médias pris dans son ensemble, ce qui a un effet pour chaque journaliste, tout en envoyant le signal aux administrateurs et à leurs sociétés de ne pas s'en mêler ».

Tesco, société mère de Tesco Lotus, basée au Royaume-Uni, a entamé en outre des poursuites judiciaires contre le journal britannique « The Guardian » pour diffamation et faussetés malveillantes, rapportent la SEAPA et ARTICLE 19. Tesco affirme prendre ces mesures à cause de suggestions selon lesquelles l'entreprise aurait évité de payer certains impôts.

La TJA rassemble défendeurs, juristes, journalistes et membres émérites du Conseil national de la Presse pour les consulter quant à la meilleure façon de se défendre et de défendre la libre expression dans le cadre constitutionnel. Consulter son site web pour connaître l'évolution de la situation : http://www.tja.or.th/

Consulter les sites suivants :
- SEAPA : http://www.seapa.org/
- ARTICLE 19 : http://www.article19.org/pdfs/press/thailand-tesco-def.pdf
(22 avril 2008)

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