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La crise politique inflige de nouveaux coups durs à la libre expression

Tant le gouvernement que les protestataires de l'opposition s'en sont pris à la presse lors du drame politique qui s'est déroulé récemment en Thaïlande, rapportent l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA), l'Association des journalistes thaïlandais (Thai Journalists Association, TJA) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Le premier ministre Abhisit Vejjajiva a proclamé l'état d'urgence le 12 avril à Bangkok et dans les provinces voisines, après que des manifestants anti-gouvernementaux, vêtus de chemises rouges, eurent bloqué les principales artères de la ville et perturbé un sommet de l'Association des nations de l'Asie du Sud-est (ANASE).

Pour accompagner la proclamation de l'état d'urgence, le premier ministre a émis un décret qui permet aux fonctionnaires de censurer les nouvelles considérées comme une menace pour la sécurité nationale, rapporte le CPJ.

Le lendemain, le gouvernement a ordonné le blocage du radiodiffuseur de nouvelles par satellite « D Station », qui est affilié au mouvement de protestation des chemises rouges, dit le CPJ. La station avait diffusé en direct les manifestations devant le siège du gouvernement, le bureau du premier ministre, et assuré les fréquentes liaisons par vidéo-conférence avec l'ancien premier ministre en exil Thaksin Shinawatra qui, ces dernières semaines, pressait ses partisans de se soulever contre le gouvernement dans une « révolution populaire ».

Les chemises rouges ambitionnent de renverser le gouvernement de coalition de Vejjajiva, en poste depuis quatre mois. Elles proviennent essentiellement des campagnes appauvries et se présentent comme livrant une bataille contre une élite non élue retranchée dans sa tour d'ivoire. Beaucoup d'entre eux sont des partisans de Thaksin, déposé en 2006 par un coup d'État militaire et considéré par les pauvres comme leur champion. Reconnu coupable l'an dernier d'abus de pouvoir et devant répondre à d'autres charges en Thaïlande, il s'est exilé.

« Faire taire les médias pendant les crises politiques, c'est rendre un très mauvais service au peuple thaï », dit le CPJ, qui invite le gouvernement « à rescinder immédiatement cet ordre de censure ».

Les deux côtés, dans ce conflit politique qui dégénère, menacent les journalistes et les médias d'information qui tentent de couvrir les manifestations anti-gouvernementales dans les rues et la réponse du gouvernement. Au 14 avril, les protestations se sont en grande partie dissipées, non sans que l'on ait recensé de graves violations de la libre expression.

Le 9 avril, un manifestant hostile au gouvernement a lancé un engin explosif artisanal près des bureaux de ASTV, une chaîne de télévision par satellite qui a fait campagne l'an dernier contre deux gouvernements consécutifs affiliés à Thaksin, indiquent les dépêches locales.

La veille, des chemises rouges ont harcelé les reporters des chaînes 3 et 7 parce qu'ils avaient rapporté que des « dizaines de milliers » de personnes avaient assisté à un rassemblement de masse à Bangkok; les dirigeants des manifestations avaient auparavant prédit une foule de 300 000 personnes. Selon la SEAPA, trois journalistes des chaînes de télévision ont été agressés dans des incidents séparés.

La TJA et l'Association des journalistes de la radiodiffusion thaïlandaise (Thai Broadcast Journalists Association, TBJA) indiquent que les incidents ont créé « un climat de peur et d'angoisse chez les journalistes qui couvrent la manifestation. » La TJA a distribué aux reporters qui couvraient l'événement des brochures sur la sécurité des journalistes, des bouteilles d'eau et des vêtements.

Un groupe protestataire rival, dont les membres étaient vêtus de jaune, a immobilisé le pays l'an dernier en occupant le Palais du Gouvernement et les aéroports de Bangkok, et en harcelant les reporters locaux et les stations de radio favorables à Thaksin à cause de la couverture de leur mouvement, qu'ils percevaient comme hostile. Ces manifestations, dirigées par une coalition de royalistes, d'universitaires, de professionnels et de militaires à la retraite qui estiment que les pauvres n'ont pas la formation nécessaire pour voter, n'ont pris fin qu'après que les tribunaux eurent retiré du pouvoir les alliés de Thaksin.

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