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Militant condamné à 18 ans de prison pour insulte à la monarchie

La militante Daranee Charnchoengsilpakul a été condamnée à 18 ans de prison pour avoir fait des remarques critiques sur le coup d'État de 2006
La militante Daranee Charnchoengsilpakul a été condamnée à 18 ans de prison pour avoir fait des remarques critiques sur le coup d'État de 2006

En Thaïlande, une militante d'opposition a été condamnée la semaine dernière à 18 ans de prison pour avoir insulté la monarchie, selon ce que rapportent l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud-Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA) et des médias d'informations internationaux.

Le 28 août en effet, Daranee Charnchoengsilpakul a été reconnue coupable de trois chefs de lèse-majesté, chacun d'eux encourant une peine de six ans de prison, pour des remarques qu'elle a faites l'an dernier dans des discours où elle critiquait le coup d'État de 2006 qui a évincé du pouvoir le premier ministre Thaksin Shinawatra.

Les discours ont été prononcés lors de rassemblements des « Chemises rouges », nom donné aux partisans de Thaksin qui croient que le gouvernement actuel dirigé par le premier ministre Abhisit Vejjajiva est illégitime, et qui demandent le retour au pouvoir de Thaksin.

Les autorités ont aussi bloqué des extraits des discours de Daranee sur YouTube, lesquels se sont trouvés à la base des plaintes déposées contre elle, dit la SEAPA.

Le juge qui a entendu l'affaire le mois dernier a interdit les audiences au public et aux médias, en invoquant la sécurité nationale. Et comme Daranee ne montre aucun remords, la cour n'a trouvé aucun fondement pour faire preuve d'indulgence, rapporte la SEAPA.

« C'est ce à quoi je m'attendais », a déclaré Daranee aux reporters après le verdict. Je vais interjeter appel. »

Arrêtée le 22 juillet 2008, Daranee s'est vu refuser trois fois toute libération sous caution, en dépit des plaidoyers de ses procureurs et du fait que sa santé pourrait être en train de se détériorer.

La décision de contester les chefs d'accusation est inhabituelle. D'après les dépêches, les juristes qui se spécialisent dans la défense des droits de la personne soutiennent que les charges sont difficiles à combattre dans un pays connu pour son immense loyauté à l'égard de la famille royale, et la plupart des défendeurs ont choisi de plaider coupable et de demander la clémence du Roi.

Plusieurs personnes ont été inculpées de lèse-majesté ces dernières années, comme l'ingénieur thaï qui s'est vu infliger une peine de dix ans de prison pour avoir diffusé en ligne des images qui ont offensé la famille royale, et l'ancien correspondant de la BBC Jonathan Head, qui a présidé un débat public.

La police enquête sur l'ensemble du conseil d'administration du Club des correspondants étrangers en Thaïlande, à la recherche de possibles infractions aux lois, indiquent la SEAPA et les dépêches.

En vertu des règles actuelles, n'importe qui peut déposer une plainte de lèse-majesté, ce qui a conduit de nombreux politiciens thaïs a se servir des lois comme d'un outil pour faire taire leurs rivaux.

Selon la SEAPA, le nombre des accusations de lèse-majesté a bondi depuis le coup d'État de 2006. Le crime de lèse-majesté est passible de peines pouvant aller jusqu'à quinze ans de prison.

Plus tôt cette année, Abhisit a déclaré qu'il veillerait à s'assurer que l'on n'abusait pas des lois, mais peu de progrès a été réalisé.

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