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On lance des grenades contre des stations de télévision dirigées par l'État; le gouvernement s'attaque aux sites web

Les médias et les journalistes thaïs sont attaqués tandis que des milliers de personnes continuent de défiler dans les rues de Bangkok dans les manifestations des « chemises rouges » hostiles au gouvernement, rapportent l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud‑Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA) et d'autres groupes membres de l'IFEX. Le premier ministre a proclamé aujourd'hui l'état d'urgence dans la capitale. Des grenades ont été lancées le 27 mars contre deux stations de télévision appartenant à l'État, faisant onze blessés; le 2 avril, une voiture appartenant à un employé d'un quotidien a été incendiée. La liberté de la presse est en outre contrainte par divers autres moyens; une journaliste risque même 50 ans de prison pour avoir insulté la monarchie.

La chaîne 5 et les Services nationaux de radiodiffusion de Thaïlande (NBT), qui appartiennent à l'armée et qui sont administrés par le bureau du premier ministre, ont été secoués par des grenades dans des épisodes de violence politique, rapporte la SEAPA. La semaine dernière, une bombe artisanale a été lancée contre une voiture stationnée devant l'immeuble du journal « Matichon ». Au cours du dernier mois, on a recensé une vingtaine environ d'attentats à la bombe contre des installations du gouvernement.

Les divers groupes politiques doivent éviter d'exercer des représailles contre les médias qui n'appuient pas leur cause, font valoir l'Association des journalistes thaïlandais (Thai Journalists Association, TJA) et Reporters sans frontières (RSF). Les manifestations des « chemises rouges » en faveur de l'ancien premier ministre évincé Thaksin Shinawatra - à la tête desquelles se trouve le Front Uni pour la démocratie contre la dictature (UDD) - ont commencé début mars. Les manifestants tentent de forcer le gouvernement à dissoudre le parlement et à convoquer de nouvelles élections. Thaksin Shinawatra a été expulsé du pouvoir en 2006 par un coup d'État militaire. Les dépêches indiquent que les « chemises rouges », qui se composent pour la plupart de fermiers des zones provinciales appauvries, sont déterminées à maintenir la pression. L'an dernier, les partisans de l'UDD se sont attaqués à des reporters de la télévision en raison de la perception de distorsions dans la couverture des manifestations après que celles-ci eurent dégénéré en émeutes, selon ce que rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

En réponse, le gouvernement appesantit sa censure de l'Internet. Plus de 50 000 sites web sont bloqués actuellement dans le pays, dit RSF. Un site de nouvelles indépendant, « Asia Sentinel », a été bloqué récemment après avoir affiché une analyse politique détaillée de la situation en Thaïlande depuis le coup d'État militaire de 2006.

Par ailleurs, la rédactrice en chef du site web, Chiranuch Premchaipoen, risque 50 ans de prison pour avoir omis de retirer avec suffisamment de célérité certains commentaires de son site, considérés comme insultants pour la monarchie, selon ce que rapporte RSF. Elle a été arrêtée, inculpée et remise en liberté sous caution le 31 mars. « Une fois de plus, dit RSF, la loi sur le lèse‑majesté et la loi sur la cybercriminalité servent à contrôler et à intimider les voix indépendantes. Alors que la situation politique est tendue, les Thaïlandais ont plus que jamais besoin de recevoir une information de qualité, comme celle fournie par Prachatai. » Des commentaires affichés en 2008 sur le site web ont été retirés dès que Premchaipoen en eut été avisée.

Un autre webmestre qui anime deux sites web qui appuient le mouvement d'opposition des « chemises rouges » a été arrêté le 1er avril et inculpé de violation des lois sur le crime de lèse-majesté et sur la criminalité par ordinateur. Une dizaine de blogueurs environ ont été poursuivis ou mis en accusation aux termes de la loi sur le crime de lèse-majesté. L'un d'eux purge une peine de dix ans de prison.

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