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Un journaliste de Reuters parmi les 21 personnes tuées dans les affrontements

La sanglante violence politique entre les manifestants des chemises rouges thaïes et le gouvernement a fait 21 morts et des centaines de blessés.
La sanglante violence politique entre les manifestants des chemises rouges thaïes et le gouvernement a fait 21 morts et des centaines de blessés.

via EPA

Lors des pires incidents de violence politique à sévir depuis deux décennies en Thaïlande, un journaliste japonais a été tué tandis qu'il couvrait des affrontements entre manifestants à chemise rouge et unités de la police militaire, selon ce que rapportent l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud-Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et d'autres groupes membres de l'IFEX. Au moins 21 personnes ont été tuées dans les affrontements depuis une semaine; près de 900 autres ont été blessées. La proclamation de l'état d'urgence à Bangkok par le gouvernement a provoqué une censure accrue des médias d'opposition et indépendants.

Le 10 avril, le journaliste Hiro Muramoto, 43 ans, de l'agence Reuters, portait une caméra vidéo et couvrait les confrontations lorsqu'il a été atteint à la poitrine. Tant les manifestants que la police étaient armés, et on ne sait pas précisément qui a tiré le coup de feu fatal. D'après l'Institut international de la presse (IIP), Muramoto a saisi des séquences d'un troisième groupe d'individus armés, qui n'étaient ni des manifestants, ni des militaires.

Le même jour, le photographe pigiste Winnai Ditthajorn, qui travaille pour ABC News d'Australie, a été atteint d'un projectile à une jambe.

L'état d'urgence s'accompagne du pouvoir d'interdire les rassemblements publics de plus de cinq personnes, de la censure et de l'interdiction aux médias de diffuser des nouvelles considérées comme une menace pour la sécurité et l'ordre nationaux, ainsi que de la détention jusqu'à 30 jours sans jugement.

Le premier ministre Abhisit Vejjajiva a ordonné aux forces de sécurité de bloquer le signal de la station de nouvelles par satellite Télévision populaire (PTV), et 37 sites web pour raisons de sécurité nationale. PTV, qui s'aligne sur le Front Uni pour la démocratie contre la dictature (United Front for Democracy Against Dictatorship, UDD), diffuse depuis des semaines des messages d'appui aux manifestants hostiles au gouvernement, indique Reporters sans frontières (RSF). Les manifestants de l'UDD ont fait pression auprès de ThaiCom le 11 avril pour qu'elle rétablisse PTV, rapporte le CPJ. Parmi les sites de nouvelles qui ont été fermés, on compte le site indépendant pratchatai.com, connu pour la diversité de son information, et norporchorusa.com, qui a des liens avec les chemises rouges. « Le risque existe que les interdictions et la censure ne radicalisent les chemises rouges », prévient RSF.

Le 11 avril, des manifestants des chemises rouges se sont emparés de camionnettes de régie appartenant à TV Thai et à la Chaîne 9, et ont encerclé une autre camionnette appartenant à la Chaîne 3, et en ont expulsé le personnel de la zone des manifestations.

Les nouvelles sont compromises parce que l'État définit ce qui constitue une couverture acceptable, dit la SEAPA. « Le gouvernement continue de se servir des stations de radio et de télévision qui appartiennent à l'État pour présenter une information biaisée. Le gouvernement permet en outre à d'autres stations de radio et à une autre station de télévision par satellite de présenter un contenu similaire à celui des médias d'État, ce qui pourrait approfondir les clivages dans la société. »

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