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Bangkok à feu et à sang; deux journalistes tués et plusieurs autres blessés

Des protestataires ont mis le feu à la ville cette semaine pour se venger, après que l’armée thaïlandaise eut mis fin aux manifestations des chemises rouges dans le centre de la ville
Des protestataires ont mis le feu à la ville cette semaine pour se venger, après que l’armée thaïlandaise eut mis fin aux manifestations des chemises rouges dans le centre de la ville

via AP

Le centre-ville de Bangkok s'est transformé en un champ de bataille enflammé après presque deux mois de protestations anti-gouvernementales, qui ont fait au moins 39 morts, dont deux journalistes tués dans les affrontements, et des centaines de blessés. Les troupes thaïlandaises ont investi aujourd'hui les retranchements des chemises rouges, s'attaquant au mouvement et déclenchant encore plus de violence, selon ce que rapportent l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA) et d'autres groupes membres de l'IFEX. Les médias ont payé un lourd tribut - plusieurs médias ont été visés ou fermés afin de protéger les employés, d'autres journalistes se sont fait tirer dessus et ont été blessés. Le gouvernement a décrété un couvre-feu à travers tout le pays.

Bien que plusieurs dirigeants des chemises rouges se soient rendus et aient demandé la fin des protestations, les manifestants ont réagi en incendiant la bourse, le deuxième supermarché en importance de l'Asie du sud-est et des banques, et en s'attaquant aux bureaux de journaux et à une station de télévision. Les manifestations se sont étendues maintenant au nord-est du pays où des manifestants ont incendié d'autres immeubles.

Pendant tout cet épanchement de fureur des chemises rouges provoqué par l'injustice sociale, les médias ont été constamment attaqués de toutes parts. Le gouvernement a tenté de contrôler le flux de l'information en bloquant des sites web et en fermant les chaînes de télévision par satellite qui, prétend-il, incitaient à la violence et faisaient la promotion de la propagande des chemises rouges. Les journalistes et les médias ont été attaqués par les manifestants qui les accusaient de couverture tendancieuse.

Le photojournaliste italien Fabio Polenghi est mort après avoir été atteint de projectiles à la poitrine lors de cette dernière offensive, tandis qu'au moins trois manifestants ont été tués. Le reporter néerlandais Michel Maas et un documentariste américain ont été blessés par balles. L'armée tire « sur tout ce qui bouge et ne vous demande pas si vous êtes reporter avant de tirer », a dit Maas. Un autre journaliste a été blessé par une grenade le 19 mai dans la capitale.

Les émeutiers ont mis le feu à l'immeuble qui abrite la Chaîne 3, une station de télévision gouvernementale, et incendié dix cars de nouvelles, selon ce que rapporte la SEAPA. Plusieurs médias, dont le « Bangkok Post » et « The Nation », ont renvoyé leurs employés chez eux, par crainte que la foule ne s'en prenne à leurs installations.

« Une centaine d'employés environ de la Chaîne 3 ont été coincés sur le toit de leur immeuble, mais la plupart ont été rescapés par hélicoptère », rapporte le « Guardian ». Par ailleurs, des stations de radio sympathiques aux chemises rouges ont diffusé des « propos incendiaires », dit la SEAPA.

Après que les troupes gouvernementales eurent bouclé les protestataires la semaine dernière en coupant l'eau et l'électricité et en installant des barrages routiers pour empêcher les chemises rouges de rejoindre leurs camarades, trois journalistes ont été blessés le 14 mai dans des escarmouches. Le journaliste canadien Nelson Rand, qui travaille pour la chaîne de télévision France 24, a été atteint de trois balles. Subin Namchan, photographe au journal en langue thaïe « Matichon », et Supawat Wanchantha, cameraman à la chaîne de télévision « Thai Voice », ont reçu des projectiles aux jambes. Le lendemain, le reporter thaï Chaiwat Poompuang, qui travaille pour « The Nation », a aussi été atteint à une jambe tandis qu'il couvrait les affrontements.

Le 13 mai, le reporter Thomas Fuller du « International Herald Tribune » a échappé de peu à la mort lorsqu'un tireur embusqué a tiré une balle dans la tête d'un commandant rebelle des chemises rouges qu'il était en train d'interviewer. Le 10 avril, le journaliste Hiro Muramoto, de Reuters, a été tué pendant qu'il couvrait un combat entre des protestataires et les forces de sécurité.

Les attaques contre la presse « vont, en bout de ligne, priver les Thaïlandais des informations, des nouvelles et des commentaires dont ils ont besoin pour comprendre et naviguer en ces jours périlleux », déclare la SEAPA. L'organisation de défense de la liberté de la presse prie instamment les journalistes de ne pas prendre parti et de donner une information fiable.

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