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Un internaute condamné à dix ans pour lèse majesté gracié par le roi

(RSF/IFEX) - "La prison c'était très dur. Au début j'étais complètement bouleversé. J'ai touché le fond! Il fallait que je me batte pour survivre. Heureusement, ma famille m'a rendu visite régulièrement. J'ai tenu le coup en suivant l'enseignement du bouddhisme en pratiquant la méditation. Je me sens maintenant en pleine forme, mais j'ai perdu mon travail. Je vais probablement devenir bonze pour quelques temps.

Je continue de penser douloureusement aux quatre ou cinq personnes qui sont toujours en prison pour crime de lèse-majesté, aux prisonniers politiques et aux autres détenus. La situation actuelle en Thaïlande est vraiment préoccupante. C'est une période difficile pour le pays. Je remercie tous ceux qui m'ont aidé notamment Reporters Sans Frontières d'avoir maintenu la pression durant tout le temps de ma détention", a déclaré Suvicha Thakhor à Reporters sans frontières, après sa libération.

Le 28 juin 2010, Bhumibol Adulyadej, Roi de Thaïlande a gracié Suvicha Thakhor. Ce simple internaute avait été condamné à dix ans de prison par la Cour criminelle de Ratchada (nord-est de Bangkok), le 3 avril 2009, pour "crime de lèse-majesté".

Reporters sans frontières se réjouit de cette libération. L'organisation continue de dénoncer l'instrumentalisation du crime de lèse-majesté et demande la réforme de cette loi. L'application de la loi de lèse majesté amène inévitablement à des applications injustes : elle porte directement atteinte à la liberté d'expression et les peines prononcées sont disproportionnées, allant de 3 ans à 15 ans de prison. Si les manifestations violentes ont pris fin à Bangkok, la "bataille" se tient toujours sur la toile où au moins 5000 pages sont toujours censurées.

Suvicha Thakhor avait été arrêté en février 2009 dans la province de Nakhon Phanom (nord est). Il était accusé d'avoir utilisé un logiciel pour modifier des photos de la famille royale avant de les diffuser sur la toile.

La Thaïlande fait partie des "Pays sous surveillance" listés par Reporters sans frontières dans son rapport sur les Ennemis d'Internet publié le 11 mars 2010.

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