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Une enquête confuse sur la mort d'un cameraman japonais conduit à un résultat totalement insatisfaisant, regrette RSF

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières juge totalement insatisfaisantes les conclusions récemment apportées par les enquêteurs thaïlandais sur la mort, survenue le 10 avril 2010, lors des affrontements entre les "chemises rouges" et l'armée, de Hiroyuki Muramoto, cameraman japonais pour Reuters.

Un an après les faits, les conclusions qui exonèrent les forces armées cachent mal les réticences des autorités thaïlandaises de faire réellement la lumière sur la mort du journaliste et d'identifier les responsabilités. L'enquête a souffert de plusieurs revirements. Après l'avoir orienté vers une responsabilité militaire, le département des investigations spéciales (DSI) avait annoncé fin février écarter cette thèse. L'annonce de Tharit Pengdith, directeur général de la DSI, qui a déclaré jeudi 24 mars 2011, devoir conclure que "le gouvernement n'était pas responsable, jusqu'à ce que de nouveaux éléments affirment le contraire", apparaît à Reporters sans frontières comme une conclusion par défaut. Devons-nous encore prêter foi à ses propos quand, rassurant, Tharit Pengdith affirme que "les enquêteurs accepteront de nouvelles preuves et continueront à chercher les personnes qui ont tué Muramoto" ?

Reporters sans frontières dénonce un étouffement subtil et programmé de l'enquête sur la mort du journaliste japonais. Le ministère des Affaires étrangères avait pourtant assuré l'indépendance du Comité chargé de l'enquête sur les violences. "Peu importe les résultats, le gouvernement assumera sa responsabilité", avait déclaré Thani Thongphakdi, porte-parole du ministère, à Reporters sans frontières en juin 2010.

Les violences entres les opposants au gouvernement actuel et l'armée avaient commencé en mars 2010, avec l'occupation de Bangkok par les chemises rouges, partisans du Premier ministre Thaksin Shinawatra renversé par un coup d'Etat en septembre 2006. L'opposition politique cherchait à obtenir des élections et la démission du Président Abhisit Veijjajiva. Reporters sans frontières avait estimé dans son rapport d'enquête que le comportement de l'armée et celui des milices rouges avaient été en violation de la Déclaration de Medellin, adoptée par l'UNESCO sur la protection des journalistes en zone de conflit.

Un deuxième journaliste, le photographe indépendant italien Fabio Polenghi a trouvé la mort, le 19 mai 2010, pendant les violences, qui ont fait un total de 90 morts. Les circonstances de sa mort n'ont jamais été éclaircies.

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