RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Les autorités ferment 13 stations de radio en prévision des élections

Les autorités thaïlandaises ont fermé 13 stations de radio à Bangkok et autour de la ville parce qu'elles auraient diffusé un discours considéré comme diffamatoire à l'égard de la famille royale, selon ce que rapportent l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud-Est (Southeast Asia Press Alliance, SEAPA), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Human Rights Watch et Reporters sans frontières (RSF).

Le 26 avril, des officiels de la sécurité dirigés par le Commandement des Opérations de sécurité interne de l'armée ont effectué des descentes dans les stations, saisi leur équipement et arrêté le personnel d'au moins trois stations, dont Lek Suphan, animateur à la station « Ruam Jai Thai » au 105,75 MHz.

Les 13 stations se sont toutes vu servir des mandats par les tribunaux qui prétendaient qu'elles avaient diffusé en direct un discours de Jatuporn Prompan, un politicien d'opposition et dirigeant du groupe de protestation appelé Front Uni pour la démocratie contre la dictature (UDD), discours qui aurait été critique à l'égard de la monarchie thaïe. Jatuporn doit maintenant répondre à des accusations de lèse-majesté, qui peuvent entraîner, en cas de culpabilité, une peine de 15 ans de prison.

La plupart des stations s'alignent ouvertement sur l'UDD, plus connu sous l'appellation de Chemises rouges, et ont été accusées d'avoir diffusé sans les permis de radiodiffusion appropriés, selon ce qu'indiquent les rapports.

D'après la SEAPA, environ 300 protestataires des Chemises rouges ont tenté d'empêcher la police de s'emparer de l'équipement d'une station de Bangkok, FM 89,85 Kon Thai Huajai Diew Kan.

Les raids ont fait suite à la promesse du premier ministre Abhisit Vejjajiva de tenir des élections anticipées en juin ou juillet.

« Les prochaines élections peuvent difficilement être crédibles si le gouvernement ferme les stations de radio et les sites web d'opposition », dit Human Rights Watch. « Ce gouvernement a accédé au pouvoir après s'être engagé à protéger les droits, mais il est devenu le censeur le plus actif de l'histoire récente de la Thaïlande. »

Dans une autre affaire distincte, Somyot Pruksakasemsuk, rédacteur au magazine « Voice of Thaksin », a été arrêté le 30 avril et mis en détention préalable à l'instruction, sous le chef d'accusation de lèse-majesté, indique RSF.

En avril dernier, le gouvernement d'Abhisit a proclamé l'état d'urgence afin de contenir les manifestations de l'UDD à Bangkok, qui ont fait 91 morts, dont deux journalistes étrangers, rapporte le CPJ. Les autorités ont eu recours au décret pour fermer des stations de télévision et de radio communautaire et pour censurer l'Internet en invoquant la sécurité nationale. La plupart des médias étaient dirigés par les Chemises rouges ou leur étaient associées.

D'après un nouveau dossier de Human Rights Watch, aucun officiel du gouvernement n'a été inculpé de quoi que ce soit en rapport avec les manifestations de 2010 des Chemises rouges.

Dernier Tweet :

UN declares @NABEELRAJAB's imprisonment unlawful, warns arbitrary detention in Bahrain may amount to “crimes again… https://t.co/0OsOW5NwgH