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Les utilisateurs de Facebook peuvent être incarcérés pendant 15 ans pour avoir affiché un contenu qui outrage la monarchie

Les utilisateurs de Facebook pourraient être accusés de faire des commentaires, de partager ou de cliquer « J'aime » sur des contenus réputés insultants pour la famille royale thaïe, ont annoncé les autorités le 24 novembre. Cette annonce survient le lendemain du jour où un homme de 61 ans accusé d'avoir expédié des messages textes insultants a été condamné à 20 ans de prison - la peine la plus lourde jamais imposée pour un crime de lèse majesté, selon ce que rapportent l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud-Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA) et ARTICLE 19.

D'après la SEAPA, le gouvernement a requis que Facebook retire plus de 10 000 pages contenant des images ou du texte affichés de l'étranger, qui contreviendraient aux lois de la Thaïlande sur le crime de lèse majesté. En vertu de ces lois, les personnes trouvées coupables d'insulter la monarchie sont passibles de 15 ans d'emprisonnement pour chaque chef d'accusation.

Le ministre thaïlandais de l'Information, Anudith Nakornthap, prie en outre les utilisateurs d'effacer le matériel offensant affiché par d'autres personnes sur leurs profils, sinon ils risquent d'être poursuivis aux termes de la Loi sur les crimes informatiques. « Ils seront considérés comme ayant un rôle dans la diffusion indirecte d'un message illégal », a-t-il dit.

Facebook compte maintenant plus de 12 millions d'utilisateurs en Thaïlande, ce qui représente près de 20 pour 100 de la population.

En 2006, le gouvernement thaï a bloqué l'accès à YouTube après avoir découvert plus de 20 séquences vidéos ayant un contenu de lèse majesté, selon ce que rapporte la SEAPA. L'accès a finalement été rétabli lorsque Google a accepté de rendre les vidéos inaccessibles aux utilisateurs thaïs. D'après Reporters sans frontières (RSF), 55 000 sites web sont bloqués dans le pays.

L'annonce du ministère est survenue dès le lendemain du jour où Ampon Tangnoppakul a été condamné à 20 ans de prison pour avoir envoyé quatre messages texte de lèse majesté en mai 2010 - soit cinq ans par message.

Ampon a plaidé non coupable, arguant que les messages étaient envoyés à partir d'un téléphone qui était à ce moment-là dans une boutique de réparation. Avant le verdict, Ampon s'est vu refuser tout cautionnement, ce qui a entraîné une détention de huit mois pendant lesquels sa santé a continué à se détériorer, rapporte ARTICLE 19.

Les membres de l'IFEX demandent depuis longtemps une réforme des lois sur les crimes de lèse majesté et de la Loi sur les crimes informatiques. Lors de la revue des droits de la personne de Thaïlande devant le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies le mois dernier, ARTICLE 19 et un certain nombre de pays membres, la France et la Norvège, ont déclaré publiquement que la loi sur les crimes de lèse majesté, de par son existence même, constitue une menace à l'expression politique légitime et à la liberté d'expression.

Sous le gouvernement précédent, le nombre de cas de lèse majesté portés devant les tribunaux s'est accru, dit la SEAPA. « Jusqu'à maintenant, les déclarations de l'administration Pheu Thai de Yingluck Shinawatra indiquent qu'elle n'a aucunement l'intention de bouger pour renverser cette tendance », note la SEAPA.

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