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Les autorités arrêtent sept journalistes pour avoir critiqué le président

Sept journalistes et dirigeants syndicaux ont été arrêtés au cours de la dernière semaine pour avoir critiqué le président de la Gambie et ses commentaires sur le meurtre, survenu en 2004 et toujours non résolu, d'un rédacteur en chef renommé, selon ce que rapportent la Fondation pour les médias en Afrique de l'Ouest (MFWA), Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

L'Agence nationale de renseignement (NIA) de Gambie a arrêté sept journalistes en rapport avec une déclaration faite à la presse le 12 juin par le Syndicat de la presse de Gambie (Gambian Press Union, GPU). La déclaration critiquait le président Yahya Jammeh pour son affirmation selon laquelle l'État n'était pas impliqué dans le meurtre de Deyda Hydara, qui n'a toujours pas été résolu, et qu'on respectait la liberté de la presse dans le pays.

Les sept journalistes sont : le directeur et rédacteur en chef Sam Sarr et le reporter Abubacar Saidykhan, du journal « Foroyaa », d'opposition; le directeur-rédacteur en chef adjoint Ebrima Sawaneh et l'éditeur Pap Saine, du journal « The Point » ; et le secrétaire général Emil Touray, le vice-président Sarata Jabbi et le trésorier du GPU, Pa Modou Fall.

« Nous maintenons notre déclaration... et nous sommes déterminés, aujourd'hui plus que jamais, à rester inébranlables, courageux et à dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité », a déclaré le président du GPU, Ndey Tapha Sosseh. Selon Sosseh, les actions de la NIA contreviennent à l'article 207 de la Constitution de Gambie de 1997 ainsi qu'à divers traités régionaux et internationaux.

« L'incapacité des autorités gambiennes à traduire en justice les personnes responsables du meurtre de Deyda Hydara irrite à juste titre les journalistes locaux », dit le CPJ. « Au lieu de répondre aux questions légitimes des journalistes sur cette affaire, les autorités les enferment. Ils doivent être libérés immédiatement. »

Hydara, rédacteur en chef et cofondateur du journal « The Point », qui était aussi le correspondant de l'Agence France-Presse (AFP) et de RSF en Gambie, a été abattu le 16 décembre 2004 dans la capitale, Banjul. Au moment de son décès, Hydara était connu pour sa franchise et ses critiques acérées dirigées contre le gouvernement.

Selon RSF, le harcèlement des médias avait atteint des niveaux sans précédent avec les arrestations. Le président Jammeh figure depuis plusieurs années sur la liste des « Prédateurs de la liberté de la presse » que dresse RSF. La Gambie arrive au 137e rang sur les 173 pays recensés par l'index mondial de la liberté de la presse de l'organisation.

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