RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Des manifestations de protestation à l'échelle mondiale marquent les quinze ans de règne du président

Président Yahya Jammeh
Président Yahya Jammeh

Plusieurs manifestations de protestation contre les violations extrêmes de la liberté de la presse par le président de la Gambie, Yahya Jammeh, se sont déroulées en Europe et en Afrique la semaine dernière, marquant ainsi le quinzième anniversaire du coup d'État qui l'a porté au pouvoir et le troisième jour d'un procès pour sédition et diffamation contre un groupe de journalistes parmi les plus respectés du pays.

Le 22 juillet, la Fondation pour les médias en Afrique de l'Ouest (MFWA) tenait un forum public à Accra, au Ghana, dans l'espoir de combattre le « règne de terreur » du président sur les médias, terreur consistant notamment en assassinats, enlèvements, torture, arrestations et détentions illégales. Le forum a reçu l'appui de la Commonwealth Human Rights Initiative (Initiative du Commonwealth pour la défense des droits de la personne), de la section ghanéenne d'Amnistie Internationale et de l'Association des journalistes du Ghana (Ghana Journalists Association).

Un recherchiste de la MFWA, Mohammed Shardow, a déclaré devant les participants au forum que, depuis 1994, près de 91 travailleurs des médias ont fait l'objet d'arrestation et de détention arbitraires. Accusant Jammeh d'amasser une fortune en appauvrissant la population, un avocat de la MWFA, Akoto Ampaw, qui rentrait tout juste d'une mission en Gambie, a critiqué la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), qui n'a pas révoqué l'adhésion de Jammeh pour violations des droits de la personne.

Par ailleurs, à Glasgow, en Écosse, des journalistes locaux et des exilés gambiens ont tenu une vigile de vingt-quatre heures au centre de la ville pour affirmer leur solidarité avec les journalistes gambiens accusés de sédition et de diffamation, selon ce que rapporte la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Aussi, au Sénégal, lors d'une conférence de presse organisée par le bureau d'Amnistie à Dakar, Demba Jawo, l'ancien président du Syndicat de la presse de Gambie (Gambia Press Union, GPU), a vigoureusement dénoncé le gouvernement gambien pour son incapacité à enquêter convenablement sur le meurtre, survenu en 2004, du rédacteur en chef Deyda Hydara.

Une autre campagne de solidarité avec les journalistes de Gambie s'est déroulée le 20 juillet à l'extérieur du Haut Commissariat de Gambie à Londres, rapporte la FIJ. La manifestation, organisée par le Syndicat des journalistes (National Union of Journalists, NUJ) au Royaume-Uni et en Irlande, le Congrès des syndicats britanniques (TUC) et Amnistie Internationale, exigeait que l'on rende compte de la disparition du journaliste Chief Ebrima B. Manneh, dont on est sans nouvelles depuis son arrestation par des agents de sécurité en 2006.

Une préoccupation essentielle des manifestations internationales était le procès en cours d'un groupe de journalistes qui ont été arrêtés en juin pour sédition et diffamation. Les charges sont reliées à une déclaration du GPU en juin qui critiquait le président d'avoir dit du mal du journaliste assassiné Deyda Hydara. La MWFA rapporte que l'un des sept journalistes, Abubacarr Saidykhan, reporter au journal « Foroyaa » , a été acquitté le 28 juillet.

La MWFA rapporte en outre que le procès reprend aujourd'hui (29 juillet) pour les six journalistes qui restent : Sam Sarr; Emil Touray, secrétaire général du GPU; Sarata Jabbi-Dibba, vice-président du GPU; Pa Modou Faal, trésorier du GPU; Pap Saine, éditeur du journal « The Point »; et Ebrima Sawaneh, rédacteur au journal « The Point ». La MWFA et la FIJ se disent extrêmement inquiètes que les travailleurs des médias se voient dénier un procès juste et équitable.

Affichant une indifférence choquante à l'égard des pressions internationales croissantes, le président Jammeh a déclaré le 22 juillet sur les ondes de la télévision d'État que : « Tout journaliste qui pense qu'il ou elle peut écrire ce qu'il ou elle veut, et rester libre, commet une grave erreur », rapporte la MWFA.

ADDITIONAL INFORMATION


Dernier Tweet :

Nepali media barred from covering Indian PM’s visit on May 12 https://t.co/Yp1GmdBjj6 @FORUMFREEDOM "The act of sel… https://t.co/DDmtP4ueIy