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Six journalistes condamnés à deux ans de prison pour sédition

Le Président de la Gambie, Yahya Jammeh
Le Président de la Gambie, Yahya Jammeh

AFP via CPJ

La Fondation pour les médias en Afrique de l'Ouest (MFWA), ainsi que d'autres groupes membres de l'IFEX, dénoncent le verdict « politisé » prononcé contre six journalistes gambiens condamnés la semaine dernière à deux ans de prison et à de lourdes amendes pour sédition et diffamation criminelle.

Les six journalistes, qui travaillaient pour les deux journaux privés « The Point » et « Foroyaa », avaient publié de nouveau une déclaration de la Gambian Press Union (Syndicat de la presse de Gambie, GPU), datant du 11 juin, qui critiquait le président Yahya Jammeh et certains commentaires récents de sa part prononcés à la télévision nationale. Jammeh avait prétendu que l'État n'était pas impliqué dans le meurtre, survenu en 2004, du rédacteur du « Point », Deyda Hydara, et que l'on respectait la liberté de la presse dans le pays.

D'après le syndicat, les six journalistes seront détenus à la prison Mile Two de Banjul, tandis que la défense interjette appel. Le défaut d'acquitter l'amende d'environ 10 000 US$ imposée à chaque journaliste entraînera une peine supplémentaire de quatre ans de prison, dit le syndicat.

Lors d'une autre apparition à la télévision d'État le mois dernier, Jammeh a menacé les journalistes locaux indépendants, qu'il a qualifiés de « bouts de rats », rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). « Ils pensent qu'ils peuvent se cacher derrière la soi-disant liberté de la presse et ainsi violer la loi et s'en tirer », a dit Jammeh.

La MFWA dit n'être pas surprise du verdict. « À chaque étape du procès, les autorités gambiennes, de même que les tribunaux, ont démontré qu'elles étaient résolues à emprisonner ces journalistes », dit la MFWA. « (Nous sommes) attristés de l'empressement, arbitraire et inconvenant, avec lequel les tribunaux de Gambie acquiescent aux ordres du président Jammeh », dit la MFWA.

L'un des six journalistes condamnés, le directeur général du journal « The Point », Pap Saine, éprouve des troubles cardiaques. Les autorités ont également repris contre Saine d'autres accusations, sans lien avec les précédentes, de publication de fausses informations à propos d'un article publié en janvier sur le réaménagement du personnel diplomatique, dit le CPJ.

Une autre journaliste, Sarata Jabbi-Dibba, reporter chevronnée du « Point » et vice-présidente du syndicat, est la mère d'un bébé de sept mois.

Selon le CPJ, les autres journalistes condamnés sont le directeur général de « Foroyaa » Sam Saar et le rédacteur adjoint Emil Touray; et le rédacteur adjoint du « Point » Ebou Sawaneh, ainsi que le reporter principal Pa Modou Faal.

Reporters sans frontières (RSF) presse la Secrétaire d'État des États-Unis, Hillary Clinton, qui se trouve actuellement en voyage en Afrique pour promouvoir la bonne gouvernance, de « modifier son itinéraire et faire escale à Banjul ». Selon RSF, le harcèlement des médias a atteint des niveaux sans précédent dans cette affaire. Par ailleurs, l'Union européenne vient de publier le 10 août une déclaration dans laquelle elle fait part de sa préoccupation devant la lourdeur des peines.

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