RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Le président gracie six journalistes

Les journalistes emprisonnés pour sédition ont été libérés à la suite d'une grâce présidentielle
Les journalistes emprisonnés pour sédition ont été libérés à la suite d'une grâce présidentielle

CPJ

Six journalistes gambiens, incarcérés en vertu de chefs d'accusation allant de la diffamation à la « publication de matériel séditieux », ont été libérés le 3 septembre par une grâce présidentielle, selon ce que rapportent la Fondation pour les médias en Afrique de l'Ouest (MFWA) et d'autres groupes membres de l'IFEX.

Les journalistes avaient été reconnus coupables d'avoir émis une déclaration conjointe dans laquelle ils tenaient le gouvernement du président Yahya Jammeh responsable du meurtre du journaliste Deyda Hydara, survenu en 2004.

En plus du Syndicat de la presse de Gambie (GPU), la MFWA et d'autres membres de l'IFEX ont mené une campagne assidue pour obtenir la libération des six journalistes, et ont attiré l'attention internationale sur ce que Reporters sans frontières (RSF) a qualifié de « harcèlement sans précédent des médias » en Gambie.

« Nous saluons la décision du président (Yahya) Jammeh de tenir compte des appels lancés par la communauté des défenseurs de la liberté de la presse », a déclaré l'Institut international de la presse (IIP). « Il faut toutefois noter que les accusations portées contre ces journalistes étaient au départ des accusations bidon et extravagantes, et que cette affaire n'aurait jamais dû se rendre jusque devant les tribunaux. Ceux-ci auraient dû la balayer du revers de la main, au lieu de leur faire attendre la merci arbitraire du président », a ajouté l'IIP.

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) dit que le procès des journalistes a été entaché par de nombreuses violations de la règle de droit.

Hydara était le co-fondateur et rédacteur en chef du journal indépendant « The Point ». D'après la campagne de l'IIP, « Justice Denied » (Déni de justice), personne n'a jamais été traduit en justice pour rendre des comptes de son décès, et il subsiste de forts doutes qu'il ait été assassiné par des membres des « Green Boys », un groupe officiellement dissous relié au président.

Les journalistes libérés sont la reporter Sarata Jabbi-Dibba, Emil Touray et Pa Modou Fall, qui occupent des postes de responsabilité au GPU; Pap Saine et Ebrima Sawaneh, du journal « The Point »; et Sam Sarr du journal « Foroyaa ». Ils ont tous été arrêtés en juin et condamnés le 6 août à deux ans de prison, disent les membres de l'IFEX.

Un septième journaliste, Abubakar Saidykhan du « Forayaa », a aussi été arrêté en juin en rapport avec la déclaration du GPU et a par la suite été acquitté, dit l'IIP.

Des rapports faisant état de troubles de santé et de mauvais traitements pendant leur incarcération avaient soulevé l'inquiétude à propos de la sécurité des reporters. D'après l'IIP, les autorités auraient le 8 août enlevé à Jabbi-Dibba son bébé de sept mois pour lui faire subir un « examen médical de routine ». L'enfant, que sa mère allaite toujours, ne lui aurait été rendu que le 15 août.

Dans une déclaration rendue publique à la télévision d'État, Jammeh a déclaré que la grâce était accordée dans l'esprit du Ramadan, qui encourage les musulmans à se pardonner les uns les autres, indique la MFWA.

Selon la MFWA, les journalistes ont été victimes d'une « justice mercenaire » contrôlée par Jammeh. Elle appelle le gouvernement gambien à : mettre fin au harcèlement, à l'intimidation et à la détention arbitraire des journalistes; à abroger les lois répressives sur les médias; et à garantir la tenue d'une enquête appropriée sur la mort de Deyda Hydara.

Dernier Tweet :

#Colombia: Diecinueve años del crimen de Estado contra Jaime Garzón https://t.co/QSz4CqpSrB @FLIP_org @Impunidad_FLIP @PVacaV