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Des activistes et des journalistes critiques sont détenus sous le coup d'« accusations bidons »

Tandis que le Président de la Gambie Yahya Jammeh célébrait le 17e anniversaire de son accession au pouvoir, le 22 juillet, sept militants et journalistes étaient inculpés de trahison et de sédition pour avoir distribué des t-shirts sur lesquels figurait le slogan, « Coalition pour le changement - Gambie : La dictature doit cesser maintenant ». La Fondation pour les médias en Afrique de l'Ouest (MFWA), d'autres groupes membres de l'IFEX et des groupes de défense des droits tirent la sonnette d'alarme face au recours à des lois antidémocratiques pour punir les journalistes et les critiques du gouvernement et devant la répression de la liberté de parole dans le pays.

Le 22 juillet de chaque année, en effet, le Président Jammeh célèbre le coup d'État qui l'a porté au pouvoir et qualifie ce jour de « Jour de la Liberté ». Mais « la Gambie est gouvernée d'une main de fer par un gouvernement qui écrase impitoyablement toutes les formes de dissidence », rapporte Amnistie Internationale. La plupart des victimes de disparitions forcées en Gambie sont des journalistes, des membres de partis d'opposition - ou des éléments des forces de sécurité qui se sont retournés contre le gouvernement.

Pour le « Jour de la Liberté » de cette année, la MFWA s'est jointe à Amnistie Internationale-Ghana, au Human Rights Advocacy Centre, au Commonwealth Human Rights Initiatives (CHRI) et au Centre pour le Développement démocratique (Centre for Democratic Development, CDD) pour souligner les atrocités commises par le régime Jammeh contre les Gambiens et autres citoyens. Amnistie appelle ce jour « Jour d'Action en Gambie » afin de soulever la question des droits de la personne « auprès d'acteurs internationaux et régionaux influents ».

La campagne des t-shirts est liée à la Coalition de Gambie pour le changement (Gambian Coalition for Change), un groupe de pression politique qui appelle à « Mettre fin dès maintenant à la dictature en Gambie », dit la MFWA. Le 19 juillet, trois journalistes et membres d'un parti d'opposition vivant outre-mer ont été mis en accusation in absentia et inculpés de trahison en rapport avec la distribution du t-shirt. Parmi eux se trouve Ndey Tapha Sosseh, ancien Président du Gambia Press Union (Union de la presse de Gambie) - un groupe affilié à la Fédération internationale des journalistes (FIJ) - qui travaille avec l'Union des journalistes d'Afrique de l'Ouest (UJAO), groupe membre de l'IFEX.

Aussi en lien avec la campagne des t-shirt, quatre autres activistes ont été arrêtés en juin et inculpés de trahison. En Gambie, le crime de trahison entraîne la peine de mort.

« Il s'agit clairement d'accusations bidons qui visent à effrayer et à faire taire les journalistes qui mettent à nu le dossier choquant du gouvernement Jammeh en matière de droits de la personne en Gambie », dit la FIJ.

Par exemple, le journaliste Ebrima Manneh est disparu après avoir été détenu en garde à vue par la police en juillet 2006. Toutefois, en mars 2011, lors d'une rencontre avec les médias gambiens, le Président Jammeh a laissé entendre que le journaliste était mort, disant : « Permettez-moi de dire très clairement que le gouvernement n'a rien à voir avec la mort de Chief Manneh », d'après ce que rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Une source policière non identifiée a laissé savoir que Manneh était mort en prison en 2009. Officiellement, toutefois, c'est toujours le silence.

Tandis que la Gambie se prépare aux élections de novembre, « l'insécurité et l'environnement répressif actuels n'augurent rien de bon pour des élections libres et équitables », dit ARTICLE 19. La MFWA a condamné les arrestations récentes, les qualifiant de tentative pour contrôler le résultat de ces prochaines élections. On a assisté à une répression du même genre contre les journalistes et les adversaires politiques lors des élections de 2006.

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