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Deux médias ré-autorisés mais beaucoup reste à faire en Gambie

Reporters sans frontières prend note de l'annonce par le bureau du président de la République de Gambie, ce 1er janvier 2013, de la levée des suspensions qui visaient depuis plus de 16 mois le quotidien The Standard et la radio communautaire Teranga FM.

"Cette décision ponctuelle, présentée comme une preuve de bonne volonté du président Yahya Jammeh pour la nouvelle année, ne doit pas faire oublier les violations de la liberté de l'information des mois écoulés ainsi que les menaces qui continuent de peser contre les journalistes", a déclaré Reporters sans frontières.

Teranga FM avait été interdite d'émettre le 14 août 2012 car elle n'avait pas tenu compte des avertissements du gouvernement lui demandant de cesser de diffuser un programme très populaire qui relayait les informations de la presse écrite dans les différentes langues du pays. Créée en 2009, elle avait déjà été réduite au silence en janvier 2011.

The Standard de son côté a été fermé le 15 septembre 2012, accusé d'avoir critiqué dans ses pages la décision du président de mettre un terme à un moratoire de 30 ans, en faisant exécuter neuf condamnés à mort en août 2012. Le quotidien privé The Daily News, qui avait été interdit de publication au même moment pour des raisons identiques, est toujours interdit de parution.

La décision d'annuler la suspension du quotidien privé The Standard et de la radio communautaire Teranga FM stipule d'ailleurs qu'ils doivent rester "dans le cadre des lois régissant les médias dans ce pays". Une garantie bien faible quand on sait que la Gambie continue de parfaire son arsenal législatif répressif de la liberté d'informer.

Les médias indépendants sont peu nombreux en Gambie et fréquemment menacés sous prétexte de représenter un danger pour la sécurité de l'Etat.

Les journalistes et collaborateurs des médias vivent dans une situation de crainte constante les réduisant à l'autocensure. Le pouvoir confisque régulièrement les passeports des journalistes qui ont déplu afin de leur empêcher de quitter le pays.

D'autres font l'objet d'acharnement judiciaire. Arrêtées et détenues au secret pendant plusieurs semaines, accusée de sédition une ancienne présentatrice vedette de télévision, Fatou Camara, a préféré fuir la Gambie que de comparaître devant les tribunaux. Un livreur du journal Foroyaa Newspaper s'est retrouvé accusé en novembre 2013 de sédition, d'avoir dénigré et insulté le président après avoir suggéré ironiquement qu'on accroche le portait du chef de l'Etat dans le ciel. Le rédacteur en chef adjoint du journal The Observer Alhagie Jobe est emprisonné depuis février 2013 et poursuivi pour quatre chefs d'accusations distincts pour un seul et même article.

"Le gouvernement gambien doit s'engager à cesser de recourir à des mesures qui rendent impossible l'exercice d'une presse libre en Gambie, telles que les suspensions de médias ou les persécutions judiciaires qui visent régulièrement les journalistes et les collaborateurs des médias", a ajouté l'organisation. Nous demandons notamment au Président Yahya Jammeh de lever la suspension qui continue de viser le journal The Daily News", a dit l'organisation de défense de la liberté d'information.

Le 27 novembre dernier, le président, Yahya Jammeh, "prédateur de la liberté de la presse" selon Reporters sans frontières, avait limogé son ministre de l'Information et de la Communication, l'ancien journaliste Nana Grey-Johnson qui n'a toujours pas été remplacé.

La Gambie occupe la 152e place sur 179 pays dans le classement de la liberté de la presse dans le monde de 2013 de l'organisation.

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