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Un journal est suspendu pour avoir révélé les crimes des frères du Président

Un tribunal togolais vient de suspendre indéfiniment la distribution d'un journal du Bénin, après l'avoir paralysé en lui assénant une accusation de diffamation et de lourdes amendes pour avoir publié un article dans lequel on établissait un lien entre le frère du Président du Togo, Fauré Essozimna Gnassingbé, et le trafic de drogue, selon ce que rapportent la Fondation pour les médias en Afrique de l'Ouest (MFWA), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF). Un photographe du journal qui couvre l'affaire devant les tribunaux a été victime de violence en détention de la part de gendarmes.

Un bimensuel privé basé au Bénin, « Tribune d'Afrique », dispose d'un bureau à Lomé, la capitale du Togo. Le journal est vendu et distribué dans sept pays d'Afrique de l'Ouest; son plus fort tirage se trouve au Togo. Mey Gnassingbé a poursuivi le journal en mai après que celui-ci eut publié le premier d'une série de trois articles, intitulé « La poudre blanche qui noircit les palais présidentiels : Le trafic de drogue au sommet de l'État ». Le journal a été accusé d'avoir publié de fausses nouvelles et de la diffamation.

Le juge a ordonné au journal de verser 113 000 $US à Mey Gnassingbé, et au rédacteur en chef Aurel Kedoté, basé au Togo, au reporter Cudjoe Amekudzi et à l'administratrice principale Marlène de la Bardonnie de payer une amende de 3 800 $US chacun. Dans un revirement douloureux, le journal s'est vu intimer l'ordre de publier le jugement dans trois journaux à grand tirage ou de courir le risque de devoir payer 200 $US par jour qu'il refuserait de se plier à l'ordonnance. Et le tribunal a également ordonné la mise au pilon des exemplaires de « Tribune d'Afrique » contenant l'article délictueux, en vente actuellement dans les kiosques.

La couverture critique de l'État togolais par le journal a suscité des menaces de la part d'officiels et de l'autorité de réglementation des médias, que contrôle le gouvernement, et a entraîné la perte des recettes publicitaires provenant du gouvernement.

Didier Ledoux, reporter au quotidien privé « Liberté », qui couvre le procès en diffamation, a été arrêté et passé à tabac par des officiers de sécurité parce qu'il a photographié le palais de justice. Les gendarmes voulaient effacer la photo qu'il venait de prendre parce qu'ils pensaient figurer sur celle-ci. L'Union des journalistes indépendants du Togo (UJIT) et le Comité des propriétaires de journaux ont immédiatement appelé le chef de la gendarmerie et Ledoux a été relâché.

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