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Le gouvernement togolais interdit les manifestations de l'opposition dans 3 villes pour des 'raisons sécuritaires'

Une manifestation de l'opposition à Mango, Togo, le 21 septembre 2017
Une manifestation de l'opposition à Mango, Togo, le 21 septembre 2017

PIUS UTOMI EKPEI/AFP/Getty Images

Cet article a été initialement publié sur mfwa.org le 12 janvier 2018.

Dans une démonstration continue de force contre les manifestants de l'opposition et les citoyens, les autorités togolaises ont annoncé l'interdiction des manifestations politiques dans trois villes au nord du pays - Sokodé, Bafilo et Mango.

Dans un communiqué du 8 Janvier 2018, les autorités ont laissé entendre qu'il était nécessaire de prévenir les manifestants d'user des prétendus armes arrachés des mains des forces de l'ordre lors des manifestations précédentes.

«La situation d'insécurité à Sokodé, Bafilo et Mango liée à la circulation des armes volées au commissariat de la ville de Sokodé et arrachées des mains des militaires molestés par les manifestants du 19 aout 2017, nous oblige à interdire les manifestations dans lesdites localités» a dit M. Payadowa Boukpessi, ministre de l'administration territoriale dans un courrier adressé aux leaders de la coalition.

Le Togo est embourbé dans une crise politique sans précédente depuis Août 2017 lorsqu'une coalition de partis d'opposition a lancé une série de manifestation pour réclamer les réformes politiques. Entre autres demandes sont: le retour à la limitation des mandats présidentiels, le droit de vote des togolais vivants à l'étranger et la fin de la dynastie des Gnassingbé qui dirige le pays près de cinq décennies.

Les premières manifestations ont été réprimées violement par les forces de sécurité, en particulier à Sokodé : le bastion de l'opposition au nord du pays où deux personnes ont été tuées en Août 2017. Cinq autres manifestations qui ont suivis ont été réprimées dans des exactions physiques, quelques-unes ont été fatales, et suivies d'arrestations et de détentions des manifestants.

Par ailleurs, le 7 Janvier, des soldats armés et des miliciens ont mené une agression physique sur les membres du Parti Nationale Panafricain(PNP) qui étaient réunis dans la ville de Kara considérée être le bastion du parti au pouvoir Union pour la république (Unir).

Selon Richardo Agouzou, un membre du PNP qui était présent à la réunion lorsque l'incident s'est produit, a dit que les soldats armés au nombre de 16 les ont encerclé et frappé. «Ils nous ont encerclés et leur plan était de mettre fin à notre vie. C'est vrai qu'ils nous ont molestés, bastonnés sérieusement», a-t-il déclare.

La MFWA condamne la répression soutenue et continue de la liberté d'expression et d'assemblée au Togo. Nous exhortons le gouvernement togolais à investiguer les cas des manifestations violentes et les agressions sur les figures de l'opposition par les forces de l'ordre et de s'assurer que les auteurs soient traduits devant la justice. Nous lançons aussi un appel au gouvernement d'initier le dialogue avec l'opposition et la société civile plutôt que de recourir à la force coercitive de l'Etat pour réprimer la jouissance légitime des droits à la liberté d'expression et aux rassemblements du peuple togolais.

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