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La presse troublée par des révélations sur l'existence d'un projet d'assassinat d'un journaliste trinidadien

Le journaliste Mark Bassant au travail à CCN TV6 à Trinidad
Le journaliste Mark Bassant au travail à CCN TV6 à Trinidad

One Caribbean Media Limited

Les membres de l'IFEX dénoncent les menaces de mort adressées au journaliste d'enquête trinidadien Mark Bassant au cours de la première semaine de mai. L'Association des professionnels de la presse des Caraïbes (Association of Caribbean Media Workers, ACM) rapporte que Bassant travaille pour CCN Media Group et a dû récemment « trouver refuge en un lieu tenu secret ».

Le 7 mai 2014, Bassant a reçu un appel téléphonique provenant d'« une source très fiable proche du monde interlope » qui l'a informé que des éléments criminels voulaient lui nuire, selon ce que rapporte l'Institut international de la presse (IIP). Le 22 mai, le journaliste a rendu cette information publique dans une vidéo retransmise par CCN TV6, la station où il travaille. Bassant a déclaré avoir été informé que des criminels étaient irrités par certains de ses récents reportages, et qu'on lui avait conseillé d'être protégé 24 heures par jour parce la menace pour sa sécurité était imminente. Un média local, le Trinidad and Tobago's Newsday, rapporte que Bassant a couvert le meurtre récent d'un avocat trinidadien très connu, Dana Seetahal, assassiné le 3 mai.

Après avoir rencontré une autre source qui a affirmé que quelqu'un avait commandé son assassinat contre la somme de 20 000 $ de Trinidad et Tobago (environ 3 100 $ US), Bassant a finalement choisi de quitter le pays afin d'échapper au danger. « Devant toute cette situation, je suis en colère car je constate que des journalistes, qui travaillent au nom de la population, peuvent être menacés de la sorte », a-t-il dit. Trinidad et Tobago jouit d'un degré relativement élevé de liberté de presse, ce qui fait que des incidents comme celui-ci sont rares. Le pays se classait au 43e rang sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2014, de Reporters sans frontières.

Après que la nouvelle de ces menaces eut été rendue publique, le Commissaire de police intérimaire Stephen Williams a eu quelques commentaires sur le travail de Bassant. Il a fait remarquer que le journaliste avait tenu dans ses reportages des propos irresponsables, et que « certains de ces propos… pouvaient avoir provoqué les menaces contre M. Mark Bassant ». L'indignation qu'ont soulevée les commentaires de Williams a suscité un vif débat dans le pays, certains réclamant sa démission. L'Institut de la transparence de Trinidad & Tobago a déclaré : « Une menace de mort ne peut ni s'excuser ni se justifier, sous quelque prétexte que ce soit ».

Le 27 mai, dans une entrevue à la télévision, le Secrétaire général de l'ACM, Wesley Gibbings, a souligné que l'intérêt dans cette affaire devait désormais se concentrer sur le progrès des enquêtes policières sur les menaces contre Bassant. Il a demandé à l'ensemble de la société civile d'appuyer un appel à la police pour qu'elle accélère son enquête.

Dans sa déclaration, l'IIP indique que les menaces contre Bassant « mettent en lumière les dangers auxquels sont confrontés les journalistes lorsqu'ils tentent de divulguer des informations d'intérêt public, même dans un pays comme Trinidad et Tobago, où cette forme de harcèlement est inhabituelle ».

Mark Bassant devrait rester à l'extérieur de Trinidad pendant un certain temps.

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