RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

LE MILITANT DES DROITS DE LA PERSONNE MOHAMED ABBOU EST LIBÉRÉ

L'avocat tunisien et défenseur des droits de la personne Mohamed Abbou a été libéré le 24 juillet après avoir passé plus de deux ans en prison pour avoir critiqué le gouvernement sur Internet, rapporte l'Observatoire pour la liberté de presse, d'édition et de création (OLPEC). Les membres du Groupe d'observation de la Tunisie organisé par l'IFEX (TMG), qui se sont battus cette année pour le faire libérer - et qui lui ont rendu visite en prison en mars - se sont joints à l'OLPEC et à d'autres groupes de défense des droits pour saluer sa libération.

Après avoir été libéré sans préavis, Abbou est retourné dans sa famille à Tunis, indique l'OLPEC. Selon sa femme, Samia Abbou, aucune explication n'a été fournie pour sa remise en liberté, survenue la veille du 50e anniversaire de la proclamation de la République de Tunisie, le 25 juillet.

Le cas d'Abbou constitue en grande partie un symbole du bilan catastrophique de la Tunisie en matière de droits de la personne et le sujet de nombreuses campagnes et journées d'action. Abbou a été jugé et condamné en appel en juin 2005 à trois ans et demi de prison pour avoir révélé sur Internet la pratique de la torture en Tunisie, et pour avoir comparé le traitement des prisonniers en Tunisie aux conditions qui sévissent à la prison d'Abu Ghraib en Irak. Le TMG a qualifié son procès de « parodie de poursuite, sans interrogatoire ni plaidoyers ». Les conditions de détention d'Abbou étaient également au-dessous des normes, et sa famille a dû subir le harcèlement continu de la police politique pendant son séjour en prison.

« Comme ancien prisonnier d'opinion, j'aimerais remercier tous ceux, en Tunisie et dans le reste du monde, qui ont pris ma défense pendant l'épreuve que j'ai dû traverser. Les autorités tunisiennes ont offert à de nombreuses reprises de me libérer de prison à condition que je signe une lettre d'excuses, ce que j'ai refusé », a déclaré Abbou dans une entrevue qu'il a accordée au réseau Al-Jazirah le soir de sa remise en liberté.

« Ma libération est le résultat d'actes de résistance à l'oppression entrepris par des Tunisiens capables de dire non à un régime qui viole les droits fondamentaux de la personne. La Constitution de la Tunisie et le droit international en matière de droits de la personne garantissent le droit de critiquer le gouvernement, à condition qu'il y ait des violations des droits de la personne et de la corruption. L'absence de liberté a conduit quelques jeunes gens à recourir à la violence, ce que je dénonce avec force », a ajouté Abbou dans sa première entrevue depuis son arrestation, en mars 2005.

Consulter les sites suivants :
- TMG (en français) : http://campaigns.ifex.org/tmg/fr
- Magazine « Kalima » : http://www.kalimatunisie.com/
(24 juillet 2007)

Dernier Tweet :

MISA-Zimbabwe wants ICT Minister to appreciate that grouping right to #privacy, access to information with consumer… https://t.co/kEPm8p9Mps