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Nouveau report du procès d'Omar Mestiri, directeur de "Kalima": RSF dénonce l'instrumentalisation de la justice

(RSF/IFEX) - "Le procès d'Omar Mestiri est en train de se transformer en mascarade après ce nouveau report. La défense a été convoquée à 9h00 du matin, mais l'audience s'est ouverte à 17h00 et n'a duré que quelques minutes. Les avocats du plaignant n'ont eu à fournir aucune information pour obtenir du magistrat ce report inattendu. Ce procès est une nouvelle preuve que les autorités tunisiennes instrumentalisent la justice pour punir une publication indépendante. Nos craintes sont d'autant plus vives que cette affaire a été confiée au juge qui a condamné Maître Mohammed Abou en 2004 dans les conditions d'impartialité que l'on connaît", a déclaré Reporters sans frontières, dont une représentante était présente à l'audience.

Le tribunal correctionnel de première instance de Tunis a décidé, le 16 août 2007, de reporter le procès du directeur de publication du journal en ligne "Kalima", Omar Mestiri, au 28 août, à la demande des avocats du plaignant. A la sortie du tribunal, la tension était vive entre les avocats du journaliste et du plaignant.

Le 2 août, le procès avait été reporté une première fois au 16 août, à la demande de l'avocat du plaignant.

Les avocats de la défense dénoncent les vices de procédure qui ont entaché les poursuites judiciaires contre Omar Mestiri. Ils remettent en cause la légitimité même de la plainte. Selon eux, le délai de prescription légale pour toute plainte en diffamation contre la presse ne doit pas dépasser trois mois de la date de parution de l'article. Les avocats ont ajouté que la plainte aurait dû être jugée irrecevable car le site Internet "Kalima" n'est pas accessible en Tunisie, après avoir été bloqué en 2000.

Selon Sihem Bensedrine, journaliste à "Kalima", les observateurs tunisiens et internationaux n'avaient pas été autorisés à entrer dans la salle lors de la première audience, précisant que la publicité d'un débat est l'un des critères d'un procès équitable.

Une plainte en "diffamation" a été déposée en mars 2007 par Mohammed Baccar, en raison d'un article, publié le 5 septembre 2006, dans lequel Omar Mestiri a dénoncé la réhabilitation de cet avocat tunisien qui avait été, dans le passé, radié du barreau de Tunis, pour "faux et escroqueries".

Omar Mestiri est le directeur de rédaction de "Kalima" depuis 2004. Ce journal, qui n'a pas été autorisé à paraître en Tunisie, existe en version électronique depuis 2000. Le site est hébergé en France.

Reporters sans frontières rappelle que le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, est l'un des 34 prédateurs de la liberté de la presse. En outre, la politique du régime envers la circulation de l'information sur Internet est l'une de plus liberticides de la planète, ce qui lui vaut d'être classé parmi "les ennemis d'Internet" par l'organisation, aux côtés de douze autres pays tels que le Belarus ou le Corée du Nord.

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