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Un humoriste emprisonné pour avoir imité le président de la République

(OLPEC/IFEX) - Ci-dessous, un communiqué de presse de l'OLPEC daté du 9 février 2008:

Un humoriste tunisien en prison pour avoir imité Ben Ali

Le 4 février courant, l'humoriste tunisien, Hédi Ouled Bbaballah a été condamné par le tribunal de première instance de Ben Arous (banlieue de Tunis) à un an de prison et une amende de mille dinars. Il est inculpé de "détention d'une matière stupéfiante classée dans la catégorie B."

Il s'agit de quelques grammes de "Zatla" (cannabis), découverts de façon "spontanée" par les services spéciaux lors d'un autre contrôle de "routine". Lors de ce contrôle, l'humoriste était accompagné d'un chauffeur dans une voiture de location; il a été considéré par la police et par le juge aux ordres, comme le seul "propriétaire" possible de ces quelques grammes de "Zatla" (cannabis) qui auraient aussi bien pu être déposés dans la boîte à gants de sa voiture par les agents de police, comme cela s'est produit à maintes reprises.

Lors de l'audience devant le tribunal, Hédi Ouled Baballah a déclaré ignorer l'existence de cette drogue et évoqué un montage de la police contre lui.

L'hypothèse d'une montage juridico-policier semble la plus probable pour les observateurs qui savent qu'en Tunisie, les dissidents ne sont jamais condamnés pour ce qui leur est réellement reproché, mais pour des délits déshonorants, comme cela avait été le cas pour l'avocat Mohamed Abbou (violences contre une consoeur) ou plus récemment, le journaliste Slim Boukhdhir (atteinte aux bonnes moeurs).

Hédi Ouled Baballah vient, en effet, de produire un sketch où il imite le président Ben Ali qui a largement circulé en Tunisie de façon informelle par un enregistrement de téléphone portable; Ce sketch a été présenté dans un lieu privé à Sfax, il y a moins de trois semaines.

C'est le deuxième sketch que l'humoriste produit sur le même sujet. Après la production du premier sketch, il avait té arrêté par la police et détenu au centre de détention de Bouchoucha du 9 au 11 mars 2007. Durant sa garde à vue, il a été violemment battu par les agents des services de sécurité et a porté plainte pour "violences aggravées", mais sa plainte est restée sans suite.

Après cette "récidive", c'est une sale affaire de drogue qui a été montée contre lui pour le punir d'avoir transgressé les lignes rouges.

L'Observatoire
- Considère cette affaire, cousue de fil blanc, comme un montage juridico-policier et estime que Hédi Ouled Baballah est victime d'une violation de sa liberté d'expression, garantie par les lois tunisiennes ainsi que les instruments internationaux.
- Exige la libération sans condition de l'humoriste Hédi Ouled Baballah
- Appelle tous ceux qui sont attachés à la liberté d'expression à se mobiliser pour exiger sa libération.

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