RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

LES AUTORITÉS FONT « TOUT CE QU'ELLES PEUVENT » POUR ÉTOUFFER LES DISSIDENTS, DIT LE TMG

Le Groupe d'observation de la Tunisie (TMG), une coalition de 18 organisations de défense de la liberté d'expression membres de l'Échange international de la liberté d'expression (IFEX), en appelle aux autorités tunisiennes et au nouveau Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté d'expression pour qu'ils se penchent sur le nombre croissant des attaques contre les défenseurs des droits de la personne et les journalistes indépendants en Tunisie, dont un grand nombre entretiennent des liens étroits avec l'IFEX.

Selon le TMG, les attaques prouvent que « les autorités tunisiennes font tout ce qu'elles peuvent pour étouffer la dissidence et restreindre la libre expression dans le pays ».

Le TMG attire l'attention sur le cas de la rédactrice en ligne, écrivaine et championne des droits de la personne Sihem Bensedrine, dont l'organisation, l'Observatoire pour la Défense de la Liberté de la Presse, de l'Édition et de la Création (OLPEC) est membre de l'IFEX. Depuis des années, Bensedrine est visée par des mesures continuelles de harcèlement - « techniques » (surveillance de l'Internet, blocage de sites web, etc.) et physiques. Récemment, Bensedrine a été agressée verbalement et physiquement par des policiers en civil tandis qu'elle se rendait à un rassemblement de solidarité en faveur de l'écrivaine et militante Zakia Dhifaoui, qui purge actuellement une peine de huit mois de prison en rapport avec son travail de défense des droits de la personne.

De plus, au début du mois, le magazine en ligne de Bensedrine, « Kalima » ( http://www.kalimatunisie.com ), souvent présenté comme l'une des seules sources indépendantes de nouvelles en Tunisie, a été piraté et a vu tout son contenu détruit - trois mois à peine après que le site eut été relancé comme plate-forme et archives multimédias.

Naziha Rjiba, vice-présidente de l'OLPEC et rédactrice en chef de Kalima, subit elle aussi des attaques depuis quelque temps. Elle a été sommée de comparaître cette semaine devant un procureur public pour « avoir publié des allégations illicites » à cause d'un article publié dans l'hebdomadaire d'opposition « Mouatinoun », qui imputait aux autorités tunisiennes l'attaque contre Kalima. Elle écrivait que le gouvernement « avait donné des instructions pour que l'on frappe notre site web parce que c'est un régime de pirates et de bandits de grand chemin ». Le ministère de l'Intérieur a interdit la distribution du numéro du 22 octobre de « Mouatinoun », dans lequel paraît l'article.

Cette semaine, le Conseil national pour les libertés en Tunisie a tiré la sonnette d'alarme sur la décision des autorités d'incarcérer le mari de Rjiba, le juriste et défenseur des droits de la personne Mokhtar Jellali, à la suite d'un accident de la route.

« Ma famille est prise en otage par le gouvernement », a-t-elle déclaré à Reporters sans frontières (RSF). « Mon mari a été emprisonné même si les rapports de la police de la route et les déclarations des témoins démontrent qu'il est innocent. »

« L'objectif visé par cette persécution de Rjiba et de sa famille est de semer la peur chez les journalistes et les défenseurs de la société civile », dit le blogueur et juriste Mohamed Abbou, qui a passé plus de deux ans en prison pour avoir critiqué le président Zine El Abidine Ben Ali et avoir mis au jour le recours à la torture dans les prisons de Tunisie. Dans un autre incident distinct survenu la semaine dernière, Abbou a été empêché de quitter la Tunisie pour participer à une émission en direct d'Al Jazirah à Paris.

« Des dissidents comme Abbou ou comme le journaliste indépendant Slim Boukhdhir sont régulièrement jetés en prison sur la foi d'accusations bidon - des excuses pour les réduire au silence qui ne semblent pas reliées juridiquement à leur travail, de sorte que le gouvernement peut affirmer devant la communauté internationale que la libre expression est respectée », dit le TMG dans sa lettre à Frank La Rue, le nouveau Rapporteur spécial des Nations Unies sur la protection et la promotion du droit à la liberté d'opinion et d'expression.

Le TMG presse La Rue de suivre de près la situation et de se rendre en Tunisie. Le TMG appelle en outre les autorités tunisiennes à s'acquitter de leurs obligations internationales au chapitre des droits de la personne, devant les récentes attaques.

Consulter les sites suivants :
- Action conjointe du TMG : http://tinyurl.com/6kzxsr
- Site web du TMG : http://tinyurl.com/6gmc92
- RSF, à propos de Rjiba : http://tinyurl.com/66o3sw
- CPJ, à propos de Rjiba : http://tinyurl.com/6du5at
- Rapport spécial du CPJ sur la Tunisie, « L'Oppresseur souriant »: http://www.cpj.org/smiling/version_francaise.html
(29 octobre 2008)

Dernier Tweet :

Ukraine: Police arrest man In connection to killing of activist Kateryna Gandziuk https://t.co/qvYCw5O7V5