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Les membres du TMG-IFEX appellent d'urgence les autorités à mettre fin immédiatement au blocus de Kalima et à faire enquête sur l'enlèvement du journaliste Dhafer Otay

(IFEX-TMG) - Ci-dessous, un communiqué de presse de l'IFEX-TMG:

Les membres du Groupe d'observation de la Tunisie organisé par l'IFEX-TMG, coalition de 18 organisations membres du réseau de l'Échange international de la liberté d'expression (IFEX), condamnent avec fermeté le siège mené par la police contre la station de Radio Kalima, basée à Tunis, et demandent aux autorités tunisiennes d'ouvrir immédiatement une enquête sur l'enlèvement de l'un de ses journalistes et sur le harcèlement du personnel de la station et de ses collaborateurs.

Les membres du TMG-IFEX sont préoccupés par l'enlèvement du journaliste Dhafer Otay, de Radio Kalima, survenu le 27 janvier 2009 à 14h00 (heure locale) à l'extérieur des locaux de la station, après qu'il eut été encerclé par un groupe de policiers vêtus en civil. Bien qu'il soit soulagé d'apprendre que le journaliste a été relâché six heures plus tard, le TMG-IFEX se dit extrêmement préoccupé par cette arrestation inexpliquée et par les menaces dirigées contre lui et ses collègues.

Pendant les heures qui ont suivi sa disparition, les invités à son émission de radio et d'autres journalistes et activistes ont été empêchés d'entrer dans l'immeuble qui abrite les locaux de Kalima. Il a donc été impossible pour les membres du personnel de Kalima de quitter la station, qui craignent de ne plus pouvoir rentrer pour poursuivre la programmation.

L'avocat Mohamed Abbou et le journaliste Slim Boukhdhir, qui se sont présentés le 27 janvier pour manifester leur appui à leurs collègues de Radio Kalima, ont été retenus par la police. La secrétaire du CNLT (Conseil national pour les libertés en Tunisie), une organisation de défense des droits de la personne, qui est également rédactrice à Kalima, a elle aussi été empêchée d'entrer dans son bureau situé dans le même immeuble.

Les membres du TMG sont alarmés par le grave passage à tabac infligé par la police au défenseur des droits de la personne Makhlouf Zouhayr, qui s'était lui aussi présenté pour exprimer sa solidarité.

À sa remise en liberté à 20h00, des officiers ont menacé d'arrêter de nouveau Otay s'il retournait à la station de radio. Il a dû chercher refuge chez un ami parce que son appartement est situé dans le même immeuble que Kalima.

Le siège de la station de radio se poursuit depuis deux jours. La présence policière a été doublée devant la station le 28 janvier. Plus de 60 agents patrouillent les rues avoisinantes, empêchant quiconque d'y entrer. Au matin du 29 janvier, la police continuait d'empêcher toute personne d'entrer dans l'immeuble. Seul Omar Mestiri, rédacteur en chef de Kalima, a pu pénétrer dans la station. Le reste du personnel est resté dans les locaux de la station de radio pendant deux nuits et deux jours.

Les employés de la station ont reçu des menaces fréquentes de la police à cause de leur couverture des événements des derniers jours, tandis que la connexion Internet de Kalima tombe en panne par intermittence. Ces événements semblent représenter un effort pour faire taire Radio Kalima, ceux-ci étant survenus immédiatement après l'inauguration, le 27 janvier, de la radiodiffusion de la station par satellite. Les émissions de la station sur Internet sont également rendues inaccessibles depuis le sabotage commis par des pirates l'automne dernier.

"Ces événements constituent le dernier affront dans une longue suite de violations du droit à une presse libre en Tunisie", dit le président du TMG-IFEX, Rohan Jayasekera, du groupe Index on Censorship. "Les journalistes et les défenseurs des droits de la personne font fréquemment l'objet de manoeuvres de harcèlement, de violence arbitraire et de censure."

Les membres du TMG invitent les autorités tunisiennes à:
- garantir en toutes circonstances l'intégrité physique et psychologique de l'ensemble des collaborateurs de Kalima
- mener une enquête exhaustive, indépendante et impartiale sur les faits décrits ci-dessus, ce afin d'identifier les responsables, de les traduire devant un tribunal civil indépendant, compétent et impartial et d'appliquer les sanctions pénales, civiles et/ou administratives prévues par la loi
- mettre un terme immédiat à toute forme de harcèlement à l'encontre de l'ensemble des collaborateurs de Kalima ainsi qu'à l'encontre de tous les défenseurs des droits de l'Homme tunisiens
- se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l'Homme, et plus particulièrement à son article 1 susmentionné, ainsi que son article 12.2, qui dispose que "l'État prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d'autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l'exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration"
- plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l'Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l'Homme ratifiés par la Tunisie.

Les membres du TMG de l'IFEX:

Réseau d'information arabe des droits de l'Homme (ANHRI), Égypte
ARTICLE 19, Royaume-Uni
Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE), Canada
Cartoonists Rights Network International (CRNI), États-Unis
Organisation égyptienne pour les droits de l'Homme (EOHR), Égypte
Index on Censorship, Royaume-Uni
Fédération internationale des journalistes (FIJ), Belgique
Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques (IFLA), Pays-Bas
Institut international de la presse (IIP), Autriche
Union internationale des éditeurs (UIE), Suisse
Journaliste en danger (JED), République démocratique du Congo
Fondation Maharat, Liban
Media Institute of Southern Africa (MISA), Namibie
Centre PEN norvégien, Norvège
Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC), Canada
Association mondiale des journaux (AMJ), France
World Press Freedom Committee (WPFC), États-Unis
Comité des écrivains en prison de PEN International (WiPC), Royaume-Uni

Le groupe d'observation de la Tunisie de l'IFEX

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After 22 years, will defeat of #Jammeh mean #pressfreedom and #NoImpunity in the #Gambia? #GambiaRising @nfansu @femi_falana @maimuhyai