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Une édition du magazine "As-Sada" censurée et le journaliste Abdallah Zouari brièvement détenu dans une vague de pressions policières recrudescentes contre la presse

(RSF/IFEX) - Le 17 mars 2009, Reporters sans frontières a écrit à Rafik Belhaj Kacem, ministre de l'Intérieur et du Développement local, pour lui exprimer sa vive inquiétude face au récent accroissement des pressions policières visant à museler toute voix critique envers le régime. L'organisation demande aux autorités tunisiennes de mettre un terme à de telles pratiques intimidantes et répressives.

L'organisation déplore ainsi l'interdiction de distribution du dernier numéro du magazine généraliste émirati "As-Sada", qui devait paraître dans les kiosques le 6 mars, sans explication officielle. Dans cet hebdomadaire figurait un article relatif à l'interdiction par la loi tunisienne de la polygamie et ses dérives. Selon son auteur, les riches Tunisiens ne pouvant épouser quatre femmes entretiendraient de nombreuses liaisons hors mariage.

De plus, Reporters sans frontières a appris avec inquiétude l'arrestation par des agents de la sécurité nationale du journaliste Abdallah Zouari, le 13 mars, alors qu'il se trouvait au café Nakhil dans la ville de Khariba, dans la province de Medenine (450 km au sud de Tunis). Interrogé pendant quelques heures à Zarzis pour avoir signé une lettre envoyée au président palestinien, Mahmoud Abbas, lui demandant la libération des prisonniers politiques détenus à Ramallah, il a été relâché par la suite. Cet ancien rédacteur en chef de l'hebdomadaire "Al Fajr" est néanmoins toujours surveillé.

Par ailleurs, du 12 au 14 mars, l'écrivain et avocat Mohamed Abou a été étroitement espionné par des agents de la sécurité nationale à son domicile et au cours de ses déplacements. Ces intimidations font suite à son apparition le 4 mars 2009 sur la chaîne de télévision Al Jazeera, en raison de son interdiction de quitter le territoire tunisien. En effet, le 3 mars, Mohammed Abou n'avait pu se rendre à une conférence organisée à Londres par Amnesty International, intitulée "Terrorisme, sécurité et droits de l'homme en Tunisie". Le 14 mars, alors qu'il devait aller à Achabba (135km de Tunis) pour participer à une table ronde sur la liberté de la presse et les droits de l'homme, la sécurité nationale l'a empêché de sortir de la capitale.

Toujours le 14 mars, Lotfi Haji, correspondant de la chaîne qatarie Al Jazeera, s'est également vu interdire par les forces de sécurité de rejoindre la capitale depuis son domicile de Bizerte. Tout comme Mohamed Abou, il devait participer à la conférence d'Achabba sur la liberté de la presse et les droits de l'homme.

Pour des informations complémentaires sur le cas Abou (Abbou), DROP: case, cliquer ici: http://www.ifex.org/fr/content/view/full/101258

Pour des informations complémentaires sur le harcèlement précédent du journaliste Haji (Hajji), cliquer ici: http://www.ifex.org/en/content/view/full/99576

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