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Des alliés du gouvernement prennent le contrôle du syndicat des journalistes

Le gouvernement tunisien a « renversé » le conseil d'administration indépendant du syndicat des journalistes de Tunisie, rapportent l'Observatoire pour la liberté de la presse, d'édition et de création (OLPEC), le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI) et d'autres groupes membres de l'IFEX.

Lors d'une séance extraordinaire tenue le 15 août, certains membres du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) sont parvenus a imposer à l'organisation un nouveau président et un nouveau conseil d'administration, composé entièrement de personnes favorables au gouvernement. Selon Reporters sans frontières (RSF), le président nouvellement élu, Jamal Karmawi, est bien connu pour être conseiller du secrétaire général du parti au pouvoir.

C'était la manoeuvre la plus récente dans la campagne que mène le gouvernement afin d'éliminer la seule organisation indépendante en son genre pour les journalistes critiques en Tunisie, disent les membres de l'IFEX.

La campagne a commencé lors de la Journée mondiale de la liberté de presse de cette année, lorsque le SNJT a publié un rapport critiquant l'absence de liberté de presse en Tunisie. Le président du syndicat, Néji Bghouri, a été empêché de prendre la parole lors de la sortie du rapport à Tunis, et a dû subir menaces et insultes dans les médias.

Les membres favorables au gouvernement ont démissionné en bloc du conseil d'administration, puis ont entrepris de faire circuler auprès des membres du syndicat une pétition exprimant la perte de confiance dans l'exécutif. Bghouri a déclaré au Comité pour la protection des journalistes (CPJ) que des membres avaient été menacés de perdre leur emploi et intimidés de diverses façons s'ils ne signaient pas la pétition. Les démissions ont forcé le déclenchement d'élections à la direction du syndicat.

Bien que de nouvelles élections avaient été prévues pour le 12 septembre, l'assemblée de samedi a été convoquée par des journalistes favorables au gouvernement - en dépit d'un recours intenté par l'exécutif, faisant valoir que l'assemblée extraordinaire devait être annulée, indique l'OLPEC. Un tribunal tunisien a rejeté la requête le 14 août, veille du jour où devait se tenir cette assemblée controversée.

L'un des premiers gestes du syndicat a été d'envoyer un message de soutien au président de la Tunisie, Zine El Abidine Ben Ali, « prélude à sa... servilité envers lui » lors des élections présidentielles d'octobre, rapporte l'ANHRI.

« Il s'agit tout simplement d'un putsch orchestré afin d'assurer dans les médias une couverture positive maximale en faveur du parti au pouvoir à l'approche des élections », a déclaré le président du Groupe d'observation de la Tunisie organisé par l'IFEX (TMG), Rohan Jayasekera, de Index on Censorship. « Il est honteux de voir des journalistes vendre leur honneur aussi impudemment pour obtenir les faveurs d'un politicien. »

D'après le CPJ, Bghouri avait irrité des officiels de haut rang l'an dernier lorsqu'il avait annoncé à des journaux locaux d'opposition que le SNJT n'appuierait aucun candidat à la présidence dans ces élections.

La Fédération internationale des journalistes (FIJ), dont le SNJT est membre, rappelle qu'elle travaille en coulisse à réparer la fracture. « La FIJ ne reconnaît pas ce processus », déclare Aidan White, secrétaire général de la FIJ. « Notre comité exécutif insiste pour rester neutre dans ce litige; il entend suivre les événements de près pendant le week-end avant d'en arriver à une décision. Il est encore possible d'unifier le mouvement des journalistes en Tunisie. » « Dans cette affaire, l'ombre de l'influence politique est indubitable », dit White.

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