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RSF craint une "instrumentalisation politique" dans le cas d'un journaliste imprisonné

(RSF/IFEX) - La deuxième audience du procès de Zouhaïer Makhlouf a eu lieu le 24 novembre 2009. Ce journaliste en ligne et militant des droits de l'homme est accusé d'avoir violé l'article 86 du Code des télécommunications pour "nuisance à un tiers à travers les réseaux publics de communications". Il risque deux ans de prison et une amende. Le 3 novembre, le tribunal de première instance de Grombalia, dans la région de Nabeul, à l'issue d'une audience de huit minutes seulement, avait décidé du report du procès. La demande de libération conditionnelle, durant cet intervalle, avait été rejetée.

"Nous demandons l'abandon des poursuites à l'encontre de Zouhaïer Makhlouf. Ce procès n'a pas de sens. Tout comme pour Taoufik Ben Brik dont le verdict tombera le 26 novembre, il s'agit d'une affaire montée de toutes pièces. Les charges qui pèsent contre lui sont tout aussi absurdes qu'incohérentes", a déclaré Reporters sans frontières.

Zouhaïer Makhlouf avait réalisé et mis en ligne un reportage dans la zone industrielle de Nabeul pour alerter sur des problèmes environnementaux, économiques et sociaux qui affectent la zone. Il avait filmé la zone industrielle et interviewé, notamment, Mourad Ladhib, potier local, qui avait consenti à figurer dans ce reportage.

Dans un premier temps, la police avait accusé Zouahïer Makhlouf "d'usurpation du titre de journaliste et de couverture médiatique sans autorisation" dans la zone industrielle de Nabeul, alors que le journaliste avait reçu l'accord des personnes qu'il filmait. Ne prenant pas d'images de zones militaires, il n'avait pas non plus besoin d'autorisation officielle pour filmer.

Au cours de la première audience du 3 novembre, à huis clos sur décision des autorités, les forces de l'ordre ont bloqué l'accès au tribunal, notamment aux journalistes.

Malgré l'insistance de l'accusé de revenir sur les véritables raisons de ce procès, à savoir la volonté politique d'étouffer les voix de l'opposition, le président de séance lui a déclaré ne vouloir se limiter "qu'à la teneur de l'affaire" et que celle-ci ne portait que sur l'autorisation ou non de filmer la zone, et sur la plainte de Mourad Ladhib, potier de la zone de Nabeul, qui prétend avoir été diffamé et filmé contre sa volonté.

Pourtant, la vidéo litigieuse, raison même de l'accusation de "nuisance" selon l'accusation, n'est même pas une pièce au procès, et son contenu n'est pas pris en compte dans l'affaire.

Par ailleurs, Reporters sans frontières s'étonne de la rapidité avec laquelle cette plainte a été traitée quand des centaines d'autres prennent un temps considérable avant d'être jugées. "Cela renforce l'impression d'une instrumentalisation politique", a ajouté l'organisation.

Il convient de souligner que l'accusé Zouhaïer Makhlouf a été contacté à plusieurs reprises par le plaignant, qui l'a menacé de mort. Le journaliste a déposé une plainte contre lui.

Les avocats peuvent difficilement rendre visite à leur client. Le 21 novembre, Maître Najet Labidi s'est vu refuser une visite, en application de "directives" reçues par l'administration pénitentiaire.

Zouhaïer Makhlouf a heureusement interrompu le 10 novembre une grève de la faim, entamée le 21 octobre pour protester contre son arrestation. Son état de santé s'est beaucoup déterioré durant cette période en raison de son diabète et du refus de soins des autorités de la prison de Mornaguia.

L'épouse du journaliste avait également fait une grève de la faim pour dénoncer le siège de son domicile par les forces de l'ordre.

Par ailleurs, le gouvernement tunisien a décidé, le 26 octobre, de bloquer le site web Al Jazeera.net en Tunisie. Un reportage avait été publié concernant la multiplication d'arrestations des opposants durant les élections présidentielle et législatives.

Enfin, le 28 octobre, des inconnus ont tenté à plusieurs reprises de pénétrer par effraction au domicile de Moudi Zouabi, correspondant du journal panarabe "Al-Quds Al-Arabi", basé à Londres, et du site Internet de la chaîne TV satellitaire Al-Arabiya.

Voir la lettre de Zouahïer Makhlouf écrite depuis la prison

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