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Le palais présidentiel est furieux tandis qu'il pourchasse l'opposition

Le président Ben Ali de Tunisie maintient sa main de fer sur la presse.
Le président Ben Ali de Tunisie maintient sa main de fer sur la presse.

via IPI

En dépit de la consolidation de son emprise sur le pouvoir, le président de la Tunisie Zine El Abidine Ben Ali continue d'emprisonner les journalistes critiques de son régime, disent cette semaine les membres du Groupe d'observation de la Tunisie organisé par l'IFEX dans une action conjointe. D'autres dissidents sont piégés chez eux, encerclés par des policiers qui empêchent les visiteurs d'entrer.

Le journaliste Taoufik Ben Brik, critique bien connu qui collabore à des journaux en France, a été arrêté le 29 octobre et inculpé d'agression contre une femme - mais des membres de l'IFEX soulignent que cette arrestation s'inspire clairement de motifs politiques. En réalité, les membres de l'IFEX croient qu'il a été arrêté en représailles à la publication d'articles critiquant la réélection récente du président Ben Ali.

Ben Brik a été condamné le 26 novembre à six mois de prison ferme pour « assaut », « destruction volontaire de biens » et « atteinte aux bonnes moeurs » dans un simulacre de procès en totale violation du code pénal, selon ce que rapporte l'Observatoire pour la liberté de presse, d'édition et de création (OLPEC).

Ben Brik est actuellement incarcéré dans une prison située à 120 km de Tunis, loin de sa famille. On s'inquiète beaucoup pour sa santé parce qu'il est atteint du syndrome de Cushing - une affection qui le prive de tout son système immunitaire, dit l'OLPEC, qui ajoute qu'il doit prendre régulièrement des médicaments.

Un militant politique, Zouhayr Makhlouf, membre d'Amnistie Internationale Tunisie et collaborateur à « Assabil Online », un site web de nouvelles tunisien, a été arrêté le 20 octobre après avoir affiché sur Internet un dossier vidéo sur des questions environnementales, économiques et sociales. Le 1er décembre, il a été condamné à trois mois de prison et à une amende de 6 000 dinars (4 700 $US), selon ce que rapportent des membres de l'IFEX.

Des journalistes sont battus, enlevés ou détenus. D'autres dissidents sont en butte au harcèlement et sont entourés, 24 heures sur 24, par des policiers en civil, notamment les membres de l'OLPEC et les journalistes de Radio Kalima. En outre, les journalistes d'opposition sont empêchés de travailler pour leurs journaux.

Bien que le président Ben Ali ait assuré sa victoire à la dernière élection en broyant l'opposition et en écrasant la dissidence, des articles critiques de son régime et la parution d'un livre sur la montée de sa femme au pinacle politique, publié par deux journalistes français, expliquent l'érosion de ses appuis, qui sont passés de 95 pour 100 en 2004 à un peu moins de 90 pour 100 en octobre 2009.

L'ouvrage, intitulé « La Régente de Carthage », relate en détail l'influence corrompue, impitoyable et très étendue en Tunisie de Leila Trabelsi, 52 ans, d'après ce que nous apprend une revue parue dans « Middle East International ». Trabelsi a tenté de le faire interdire en France, mais les tribunaux français ont rejeté sa requête. Les journalistes cités dans le livre ou ayant quelque lien avec les auteurs ont été agressés ou jetés en prison.

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