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Les journalistes sont en danger; les attaques de la presse pro-gouvernementale contre les critiques s'intensifient

L'intimidation et le harcèlement des journalistes tunisiens ont monté d'un cran ces dernières semaines, selon ce que rapporte l'Observatoire pour la liberté de presse, d'édition et de création (OLPEC). Le Groupe d'observation de la Tunisie organisé par l'IFEX (TMG), composé de 20 groupes membres de l'IFEX, appelle le Parlement européen à soulever, dans les discussions à venir avec le gouvernement tunisien, la question des violations de la libre expression.

Les membres du TMG et de l'OLPEC s'inquiètent particulièrement de l'état de santé chancelant du journaliste emprisonné Taoufik Ben Brik. Des membres de sa famille, qui vivent sous une intense surveillance policière, ont entrepris une grève de la faim le 6 janvier afin de protester contre « cette mort lente à laquelle il est soumis », rapporte l'OLPEC.

Critique bien connu du président de la Tunisie Zine El Abidine Ben Ali, Ben Brik a été condamné à six mois de prison en novembre 2009 à l'issue d'un simulacre de procès. La sentence du journaliste Zouhaier Makhlouf doit expirer la semaine prochaine, mais il ne peut être libéré avant qu'un tribunal n'ait entendu son pourvoi.

Par ailleurs, les attaques contre d'autres journalistes sont implacables. Aujourd'hui, rapporte le TMG, le journaliste Fahem Boukaddous a été condamné à quatre ans de prison pour avoir couvert à Gafsa des manifestations organisées pour protester contre le chômage et la corruption. En décembre, Moez Jemai, correspondant de « Radio Kalima », s'est fait voler ses papiers d'identité, rapporte l'OLPEC. Lorsqu'il a voulu rédiger un rapport au poste de police, les policiers lui ont offert de l'argent pour qu'il cesse de travailler à Radio Kalima, ce qu'il a refusé.

L'Institut du Caire pour les études sur les droits de la personne (Cairo Institute for Human Rights Studies, CIHRS) et 43 autres organisations arabes de défense des droits de la personne ont émis le 11 janvier une déclaration conjointe dans laquelle ils condamnent les campagnes de diffamation et les attaques contre d'éminents journalistes tunisiens indépendants et des défenseurs des droits de la personne. La déclaration conjointe condamne la presse tunisienne favorable au gouvernement pour ses attaques contre les journalistes dissidents et les militants des droits de la personne qui critiquent les politiques répressives de l'État. « Ces campagnes, qui contiennent diverses incitations au meurtre, préparent l'opinion publique à ne tenir aucun compte de l'assassinat potentiel des activistes, déjà stigmatisés comme traîtres », peut-on lire dans la déclaration.

Le journaliste tunisien en exil Slim Bagga a reçu plusieurs menaces de mort, rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Les plus récentes sont arrivées à son domicile de Paris dans une lettre en provenance du Liban. « Tu n'échapperas jamais à notre vengeance. Ni tes compagnons chez les pions du sionisme et les reliques méprisables du colonialisme », disait la lettre. Bagga a été la cible de campagnes de diffamation orchestrées par le gouvernement. Il croit que ces menaces récentes sont reliées à la colère du gouvernement tunisien concernant sa contribution à un livre publié en France, « La Régente de Carthage », qui relate en détail l'influence corrompue de l'épouse du président Ben Ali sur la vie politique et économique de la Tunisie, indique le CPJ.

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