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Le TMG invite la Commission africaine à examiner le piètre bilan du pays en matière de libre expression

Les autorités tunisiennes punissent impitoyablement les journalistes critiques et les militants des droits de la personne, dit le Groupe d'observation de la Tunisie (TMG), qui se compose de 20 groupes membres de l'IFEX, après une récente mission dans le pays. Cette semaine, le TMG presse les membres de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples (ACHPR) qui se réunit en Gambie pour examiner la répression de la liberté d'expression et de la liberté de la presse en Tunisie. Par exemple, un journaliste risque quatre ans de prison pour avoir couvert des manifestations de protestation contre le chômage et la corruption. Le TMG a aussi salué la libération récente d'un journaliste critique incarcéré, mais fait valoir qu'il n'aurait jamais dû être jeté en prison.

Avec les années, le TMG a documenté toute une gamme de violations de la libre expression, y compris lors d'une mission d'exploration qui s'est déroulée du 25 avril au 6 mai, dirigée par Amadou Kanoute d'ARTICLE 19. À l'ONG Forum précédant la 47e séance ordinaire de l'ACHPR cette semaine, a été adoptée une résolution sur la Tunisie, priant l'ACHPR de dépêcher sa propre mission en Tunisie. Selon Kanoute, « Alors que le pays peut bien se vanter de réalisations socio-économiques, dit Kanoute, celles-ci doivent s'accompagner de progrès similaires afin de préserver dans les faits les engagements pris à l'égard de la liberté d'expression et des droits de la personne, qui sont couverts par les conventions que la Tunisie a ratifiées ».

Le TMG attire l'attention sur : le sort des journalistes locaux qui ont présenté des demandes de permis d'exploitation d'un journal indépendant ou de fréquences radio et qui n'ont reçu aucune réponse; les juges qui ont été retirés de leurs postes et transférés à des centaines de kilomètres de leurs familles pour avoir demandé une marge de manœuvre afin de s'acquitter consciencieusement de leurs tâches; les blogueurs, dont les sites sont piratés ou bloqués, tandis qu'ils sont sans cesse arrêtés et harcelés; la prise de contrôle du Bureau légitime du Syndicat national des journalistes de Tunisie (SNJT) par des partisans du gouvernement, et le harcèlement des membres du Bureau; et la surveillance et le harcèlement constants des défenseurs des droits, des juristes, journalistes et autres qui se montrent critiques à l'égard du gouvernement.

Fahem Boukadous, journaliste à la station de télévision par satellite « Al-Hiwar Al-Tunisi », a couvert en 2008 des manifestations à Gafsa, une région minière du pays. Après avoir appris que les autorités lui couraient après à cause de ses reportages, il est entré dans la clandestinité et a été condamné in absentia à six ans de prison. Il est sorti de la clandestinité en 2009 pour défier les tribunaux et a été condamné à quatre ans de prison. Son prochain appel doit être entendu le 18 mai.

Taoufik Ben Brik, journaliste et écrivain connu pour ses critiques acérées du gouvernement tunisien, a été remis en liberté le 28 avril, après avoir purgé une peine de six mois de prison pour des délits généralement considérés comme de pures fabrications. Il a été détenu dans le passé à cause de son travail, interdit de voyager à l'extérieur du pays, et les membres de sa famille sont harcelés.

Lors d'un incident récent, le journaliste Zuhair Makhlouf a été tabassé sauvagement le 24 avril par des policiers devant sa femme et ses enfants, puis détenu pendant sept heures, selon ce que rapportent le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arab Network for Human Rights Information, ANHRI) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Makhlouf a été détenu récemment pendant près de quatre mois après avoir publié un article sur la pollution dans les zones industrielles de Nabeul, au sud de Tunis.

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