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Le harcèlement judiciaire étouffe la libre expression

IFJ

Un journaliste tunisien rongé par la maladie se languit en prison sous le poids d'accusations bidon, tandis qu'un autre risque deux ans d'emprisonnement pour avoir été la cible d'une agression physique. Ce ne sont là que deux preuves de la façon dont les autorités utilisent les tribunaux pour écraser la dissidence, déclare le Groupe d'observation de la Tunisie organisé par l'IFEX (TMG de l'IFEX). Par ailleurs, les juges qui osent critiquer les autorités sont éloignés de leur milieu de travail et se font même retirer leur salaire, ajoute le TMG de l'IFEX, qui accentue sa campagne de promotion de l'indépendance de la magistrature.

Fahem Boukaddous, correspondant de la chaîne de télévision par satellite « Al-Hiwar Ettunisi », purge une peine de quatre ans de prison pour avoir « constitué une association criminelle susceptible de s'attaquer aux personnes ». Son crime a été de couvrir des manifestations de protestation contre le chômage et la corruption dans l'industrie minière de Gafsa en 2008.

D'après des sources dans sa famille, Boukaddous éprouve de la difficulté à respirer et à parler, et ses crises d'asthme se sont aggravées. Le 8 octobre, Boukaddous a entrepris une grève de la faim pour protester contre ses conditions de détention.

Dans une autre affaire distincte, les autorités continuent à harceler Mouldi Zouabi, un journaliste de la station indépendante « Radio Kalima ». Zouabi a été agressé en avril, mais la police a décidé de ne porter aucune accusation contre son agresseur. Elle a plutôt préféré accuser Zouabi de comportement violent et de coups et blessures. L'affaire a été déférée le 6 octobre à une instance supérieure, et il risque maintenant deux ans de prison.

« Voilà encore une preuve de la façon dont on se sert d'un système judiciaire politisé pour étouffer la liberté de parole, en niant, encore une fois, un procès équitable à un honnête journaliste tunisien. Je suis convaincu qu'un système judiciaire véritablement indépendant libérerait Zouabi en un clin d'oeil », a déclaré le président du TMG de l'IFEX, Rohan Jayasekera.

Le problème est compliqué par les diverses formes de harcèlement des juges qui critiquent les autorités ou qui exigent de pouvoir travailler sans ingérence de la part du gouvernement.

Depuis 2005, soit depuis que le TMG de l'IFEX a commencé ses missions d'information en Tunisie, le groupe de 20 membres de l'IFEX a constaté que les juges qui s'engagent ouvertement à défendre l'indépendance du système judiciaire sont transférés arbitrairement de Tunis vers des endroits éloignés, à des centaines de kilomètres de leur famille.

Rien qu'en août de cette année, par exemple, le secrétaire général de l'Association - légitime - des Magistrats Tunisiens (AMT), Kalthoum Kennou, a été déplacé de Kairouan, dans le centre du pays, vers la ville méridionale de Tozeur.

D'autres collègues visés ont vu leur assignation à l'extérieur de la capitale de la Tunisie être prolongée, leur salaire retenu, ou encore se sont vu refuser des promotions.

Le TMG de l'IFEX en appelle actuellement à l'Union internationale des magistrats (UIM), qui se réunit le mois prochain au Sénégal.

Consultez la page Facebook du TMG de l'IFEX, inaugurée récemment, pour savoir ce qui arrive. Vous pouvez aussi vous joindre à l'appel en faveur de la libération de Boukaddous, et aussi partager l'affiche de la Fédération internationale des journalistes (FIJ) qui demande de « libérer Boukaddous ».

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