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Le sénat italien se déshonore en décorant le gendre du président, s'indigne RSF

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières est scandalisée par le choix du président du Sénat italien, Nicola Squiteiri, qui a décerné le prix "Guido dorso" de la presse et de l'information, le 17 octobre 2010, à Sakher Materi, président-directeur général d'El-Materi Princess Group et président des conseils d'administration de Dar Assabah et de Radio Zitouna. Ce prix, fondé il y a 31 ans, est censé récompenser l'apport du lauréat dans le domaine de la presse et de l'information.

L'heureux élu n'est autre que le gendre du Président tunisien Zine El-dine Ben Ali. Il a, certes, créé des médias privés, mais ils ne sont en rien indépendants du pouvoir tunisien. Au contraire.

Le Sénat italien semble avoir oublié que la Tunisie ne brille pas par son ouverture dans le domaine de la liberté de la presse. Depuis la réélection de Zine El-Abidine Ben Ali en octobre 2009, la répression n'a fait que se renforcer contre les défenseurs de la liberté d'expression. Taoufik Ben Brik a été arrêté et condamné à six mois de prison ferme dans une affaire montée de toutes pièces. Le cyberdissident Zouhaïer Makhlouf a également été incarcéré. Aujourd'hui, c'est le journaliste Fahem Boukadous, condamné à quatre ans de prison ferme, qui est derrière les barreaux, malgré un état de santé plus que critique. A ceci il faut ajouter l'adoption, par les autorités tunisiennes, de l'amendement de l'article 61bis du code pénal tunisien qui risque à terme de limiter la liberté de parole. Et on ne compte plus les procès iniques, les agressions physiques, le harcèlement policier et les tracasseries administratives à l'encontre des journalistes indépendants qui vivent un véritable calvaire.

La remise de ce prix à Sakher Materi déshonore l'institution pourtant respectable qu'est le Sénat italien. En décernant ce prix, il bafoue les valeurs qui l'animent.

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