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Des journalistes brutalement agressés dans le centre-ville de Tunis

(RSF/IFEX) - Le 6 mai 2011, un journaliste du quotidien francophone "La Presse", Abdelfattah Belaid, a été agressé par des policiers dans les locaux de son journal.

Abdelfattah Belaid était en train de prendre des photos de policiers réprimant des manifestants avenue Bourguiba, à Tunis, lorsqu'il a été pris en chasse par trois agents de police. Ces derniers l'ont poursuivi jusqu'au siège du journal situé à une cinquantaine de mètres. Ils n'ont pas hésité à monter dans les étages, tabassant le journaliste avec une barre de fer sur la tête, alors qu'il se trouvait au troisième étage du bâtiment. Ils lui ont enlevé ses chaussures et pris ses appareils photos. Le journaliste a été transféré dans une clinique pour y faire des scanners.

"La violence déployée par les policiers au cours des derniers jours contre les journalistes rappelle de mauvais souvenirs, comme si les anciennes méthodes étaient de retour, près de quatre mois seulement après la chute de Zine el-Abidine Ben Ali. Nous demandons au gouvernement de transition d'ouvrir une enquête sur ces incidents et de donner des instructions claires aux forces de l'ordre afin que de telles pratiques cessent", a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

Contacté par Reporters sans frontières, Sofiane Ben Farhat, rédacteur en chef du journal "La Presse", a exprimé son émoi : "Nous sommes choqués par ce qui est arrivé à notre confrère. Je m'inscris contre ces pratiques qui remontent à un autre âge. Au lendemain de la Journée internationale de la liberté de la presse, il y a d'autres signes forts à envoyer que celui de la chasse à l'homme d'un journaliste. Nous avons demandé au Syndicat des Journalistes d'entrer en contact avec les autorités afin que cela cesse".

La veille déjà, des policiers avaient agressé une journaliste de Radio Kalima, Marwa Rekik, qui réalisait un reportage avenue Bourguiba, en fin d'après-midi. Violemment frappée à la tête, la journaliste a dû être hospitalisée.

La capitale tunisienne est secouée par une nouvelle onde de chocs depuis la diffusion, dans la soirée du 4 mai dernier, d'une vidéo dans laquelle Farhat Rajhi, ancien ministre de l'Intérieur du gouvernement Essebsi, qualifié de "Monsieur Propre", filmé selon lui à son insu, revient sur les conditions de son éviction, ainsi que sur la nomination, contre son gré de RCDistes aux postes de gouverneurs. "Depuis, la crispation des policiers est réelle. On constate un réel durcissement des méthodes à l'égard des journalistes", a déclaré Sofiane Ben Farhat à Reporters sans frontières.

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De quoi discutent les autres membres de l'IFEX


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