RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Le paysage de la libre expression vit un malaise post-Ben Ali, dit le TMG de l'IFEX

À la conférence, la Présidente du PEN de Tunisie Naziha Rejiba a réitéré son appel à la garantie de la libre expression, de l'accès à l'information et de l'indépendance des médias, conformément à la nouvelle Constitution du pays
À la conférence, la Présidente du PEN de Tunisie Naziha Rejiba a réitéré son appel à la garantie de la libre expression, de l'accès à l'information et de l'indépendance des médias, conformément à la nouvelle Constitution du pays

Kristina Stockwood

Presque un an après le renversement du Président Ben Ali, le champ de la libre expression vit un "malaise" en raison de décennies de censure et de répression, disent les membres du Groupe d'observation de la Tunisie organisé par l'IFEX (TMG de l'IFEX). Réunis à Tunis la semaine dernière pour discuter du paysage de la libre expression dans la nouvelle Tunisie, ceux-ci ont formulé un grand nombre de recommandations susceptibles d'aider le pays à aller de l'avant.

Les participants ont demandé la dépénalisation des délits de presse - la nouvelle loi sur la presse qui vient d'être adoptée contient toujours des dispositions qui criminalisent la diffamation et qui prévoient des amendes, quoique les peines de prison aient été retirées des premières ébauches. Également, le code criminel reste à être révisé afin d'en éliminer les peines de prison liées à l'exercice de la liberté de parole.

La déclaration de la conférence invite en outre le gouvernement à "démanteler le système complexe de censure établi sous Ben Ali et à en empêcher la résurgence, surtout au nom de la moralité". La censure de l'Internet est toujours autorisée, en particulier en ce qui concerne la pornographie. Riadh Guerfali, cofondateur du blogue indépendant Nawaat.org, a déclaré qu'aucun recours judiciaire n'était prévu pour les sites web qui pourraient subir la censure pour raisons politiques, et encore moins pour des considérations morales.

Prenant acte du rôle essentiel qu'ont joué les blogueurs dans la révolution, on a reconnu la nécessité de "soutenir la culture numérique et ses promoteurs, dont l'action en faveur du changement a été - et demeure - cruciale". Pendant la conférence, la table ronde des blogueurs a été l'une des plus populaires, rassemblant une diversité d'opinions chez des gens qui n'ont pas souvent l'occasion de se rencontrer en personne.

Dans ses remarques de clôture à la fin de la conférence, la Présidente du PEN de Tunisie, Naziha Rejiba, a réitéré son appel pour que l'on garantisse la libre expression, l'accès à l'information et l'indépendance des médias, conformément à la nouvelle Constitution en train d'être rédigée par l'Assemblée constituante, élue en octobre lors des premières élections libres tenues en Tunisie depuis des décennies.

La conférence s'appuie sur la campagne du TMG de l'IFEX, toujours en cours, de promotion de la réforme de la libre expression face aux "difficultés politiques, économiques et sociales". Les groupes partenaires comme l'Association des magistrats tunisiens (AMT) maintiennent qu'une magistrature indépendante constitue la clef de voûte de l'institutionnalisation de la libre expression en Tunisie et qu'elle protège les gens contre l'emprisonnement parce qu'ils exercent leur droit à la libre expression, comme dans le cas du journaliste Fahem Boukadous, qui avait parlé de la nécessité de l'indépendance de la rédaction.

La conférence des 12 et 13 décembre a été convoquée et organisée par l'Association Mondiale des Journaux et des Éditeurs de Médias d'Information (WAN-IFRA), en collaboration avec une dizaine de partenaires tunisiens et cinq autres membres du TMG de l'IFEX, à savoir l'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC), ARTICLE 19, Index on Censorship, l'Institut international de la presse (IIP) et le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arab Network for Human Rights Information, ANHRI).

Un soutien considérable a été apporté à la campagne par le Président de l'Assemblée constituante, Mustapha Ben Jafar, qui a invité le TMG de l'IFEX à prendre la parole devant l'assemblée l'an prochain afin de promouvoir les recommandations. Politicien d'opposition de longue date, Ben Jafar figurait parmi les nombreuses personnes qui ont remercié le TMG de l'IFEX pour sa campagne soutenue. "Vous étiez là quand nous avons eu besoin de vous", a-t-il dit.

ADDITIONAL INFORMATION
Alertes liées au même sujet sur ifex.org


Dernier Tweet :

#Syria’s ‘Disappeared’ Deserve Truth and Justice https://t.co/Wq5qHAs1uH @hrw @lamamfakih