RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

On se sert de la loi sur la sécurité pour punir un rédacteur et lui infliger une peine de 21 ans de prison

Un jeune rédacteur kurde frappé d’une très lourde peine de prison pour avoir publié des articles sur les droits des minorités.
Un jeune rédacteur kurde frappé d’une très lourde peine de prison pour avoir publié des articles sur les droits des minorités.

via BIANET

Un rédacteur kurde a été condamné le 9 février à plus de 21 ans de prison par un tribunal turc pour avoir publié des reportages et des photos du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui est interdit, selon ce que rapportent la Fondation de Communication IPS (BIANET) basée à Istanbul, l'Institut international de la presse (IIP) et Reporters sans frontières (RSF).

La décision du tribunal est survenue deux semaines à peine après que la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) eut ordonné à la Turquie de verser plus de 40 000 euros à 20 journalistes turcs à titre de réparations pour violation de leurs droits, rapporte l'IIP.

Ozan Kilinç, propriétaire et rédacteur en chef de l'unique quotidien du pays en langue kurde, « Azadiya Welat », a été reconnu coupable d'avoir « commis un crime au nom d'une organisation illégale » pour avoir diffusé l'an dernier de la propagande du PKK dans 12 numéros de son journal. Le procès s'est déroulé in absentia. Son procureur a fait valoir que les « faits divers et les articles étaient écrits dans la perspective de la liberté d'expression », dit la BIANET.

Le journal est visé parce qu'il est la voix du PKK; il a perdu des rédacteurs parce qu'ils ont dû soit quitter le pays pour éviter d'être détenus, ou ont été effectivement jetés en prison, dit l'IIP. Le rédacteur en chef précédent a été emprisonné pendant 13 mois et subit actuellement un procès.

« Ce n'est pas en bannissant l'expression démocratique des revendications minoritaires que la République turque pourra venir à bout de la violence extrémiste », dit RSF. « La disproportion entre les faits reprochés – l'expression d'opinions qui peuvent être contestées – et la peine appliquée est frappante. »

Le 28 janvier, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a statué que la Turquie avait violé l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme pour avoir suspendu cinq journaux et emprisonné le rédacteur en chef d'un magazine qui avait fait paraître un article sur la brutalité en prison, indique l'IIP.

L'État turc recourt souvent aux dispositions antiterroristes pour limiter la dissidence. D'après la BIANET, 22 journalistes figuraient parmi les 47 personnes qui ont été traduites devant les tribunaux en 2009 aux termes de cette loi. Des peines de prison totalisant 58 ans et des amendes de 9 740 livres turques (4 640 euros) ont été imposées à l'issue de ces procès, selon ce que rapporte RSF.

ADDITIONAL INFORMATION


Dernier Tweet :

#Canada: Media can't be an arm of the police, Vice lawyer tells Supreme Court hearing https://t.co/cIQjW5W1am @VICE… https://t.co/uVvmhvZn93