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Des rédacteurs risquent de 10 à 525 ans de prison

Un rédacteur d'un journal turc accusé de diffuser de la propagande en faveur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a été frappé le 2 mars d'une peine de près de 11 ans de prison, selon ce que rapporte la Fondation de Communication IPS (BIANET). Lui et un autre journaliste ont été en outre inculpés d'avoir écrit des propos critiques à l'égard des fonctionnaires. Par ailleurs, l'Institut international de la presse (IIP) rapporte qu'un autre rédacteur risque 525 ans de prison pour avoir publié des informations sur le PKK. Et même à l'extérieur de leurs frontières, les autorités turques font sentir leur influence en limitant la liberté de la presse, dit la BIANET.

Haci Bogatekin, rédacteur en chef du journal « Gerger Firat », et le journaliste Cumali Badur ont subi récemment des attaques pour des articles assaisonnés de commentaires sur l'ancien procureur de Gerger, Sadullah Ovacikli, et sur le leader du PKK Abdullah Öcalan, actuellement en prison.

Le 2 mars, Bogatekin a été inculpé d'« insulte », de « diffamation » et d'avoir « tenté d'influencer un procès équitable ». Il s'est vu infliger une peine de presque onze ans de prison. « C'est la sentence la plus lourde imposée à un journaliste dans les 56 ans d'histoire de (la province de) Adiyaman », a-t-il dit. Badur a été condamné à six mois de prison, commués par la suite en une amende de 1 500 euros.

D'après l'IIP, Vedat Kursun, ancien rédacteur en chef au quotidien kurde « Azadiya Welat », risque une peine de 525 ans de prison pour avoir publié des histoires sur les déclarations et les activités du PKK. Il a été inculpé en février de 105 chefs d'accusation d'avoir « aidé et encouragé l'organisation du PKK en diffusant de la propagande » et d'avoir « glorifié les crimes et les criminels » dans des articles publiés dans plusieurs numéros. Le 12 février, son successeur comme rédacteur en chef, Ozan Kilinç, a été reconnu coupable et condamné à 21 ans de prison pour des délits similaires.

La censure des autorités turques s'étend aussi aux médias kurdes à travers l'Europe. En Belgique, la police a effectué des descentes en 25 endroits réputés avoir des liens avec le PKK. Le Ministère turc des Affaires étrangères a tenté de bloquer les retransmissions à la télévision par satellite, ciblant également ceux qui paraissent à l'écran. « En raison de l'influence de la Turquie, la radiodiffusion de Med TV et de Medya TV a récemment été bloquée en Angleterre et en France », rapporte la BIANET.

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