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Justice n'a pas été rendue dans l'affaire Hrant Dink

Une vigile pour Hrant Dink en Arménie, 2007 : l’assassinat de Dink a provoqué une onde de choc à travers la Turquie et a pris les proportions d’un vaste scandale après qu’on eut appris que les forces de sécurité connaissaient l’existence d’un complot visant à le tuer mais qu’elles ont négligé d’intervenir
Une vigile pour Hrant Dink en Arménie, 2007 : l’assassinat de Dink a provoqué une onde de choc à travers la Turquie et a pris les proportions d’un vaste scandale après qu’on eut appris que les forces de sécurité connaissaient l’existence d’un complot visant à le tuer mais qu’elles ont négligé d’intervenir

Onnik Krikorian / Oneworld Multimedia

Un tribunal de Turquie a condamné cette semaine un homme à la prison à vie pour avoir incité à l'assassinat de l'éminent journaliste d'origine arménienne Hrant Dink il y a cinq ans, mais a disculpé les 19 autres suspects soupçonnés d'appartenir à une organisation terroriste, selon ce que rapportent la Fondation de Communication IPS (BIANET), le groupe membre de l'IFEX en Turquie, ainsi que d'autres membres de l'IFEX.

Fondateur et rédacteur en chef du journal bilingue arménien-turc « Agos », Dink a été abattu devant son bureau d'Istanbul le 19 janvier 2007, dans un attentat qui a mis en lumière la menace à laquelle sont confrontés les Arméniens en Turquie.

Le 17 janvier, le tribunal a trouvé Yasin Hayal, 31 ans, coupable d'incitation à tuer Dink en 2007, mais a acquitté 19 autres prévenus de l'accusation d'avoir agi comme membres d'une organisation armée illégale, dit BIANET.

Le jugement a été dénoncé par les procureurs et les partisans de Dink, selon lesquels le journaliste était visé parce qu'il était Arménien et parce qu'il faisait campagne en faveur de la réconciliation entre l'Arménie et la Turquie au sujet de leur histoire commune, marquée par la violence.

« Le verdict d'aujourd'hui - deux jours avant le cinquième anniversaire de l'assassinat du journaliste - débouche uniquement sur la culpabilité de complices secondaires et omet de répondre à la question critique qui est de savoir qui a concocté ce crime », a dit le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Un autre suspect important, Erhan Tuncel, un informateur de la police, a été condamné à 10 ans et demi de prison, mais en rapport avec un autre crime.

L'assassin déclaré, Ogun Samast, un décrocheur scolaire âgé de 17 ans, a été condamné en juillet dernier à près de 23 ans de prison.

L'assassinat de Dink a provoqué une onde de choc à travers la Turquie et a pris les proportions d'un vaste scandale après qu'on eut appris que les forces de sécurité connaissaient l'existence d'un complot pour le tuer mais ont négligé d'intervenir.

Sa condamnation pour avoir insulté le caractère national turc, quelques mois à peine avant sa mort, l'avait identifié comme traître et fait de lui la cible des nationalistes purs et durs. Il avait qualifié de génocide les massacres d'Arméniens sous l'empire ottoman.

Les membres de l'IFEX ont été secoués par la décision du tribunal d'exclure toute possibilité d'implication de la part du crime organisé. « En décrivant cet assassinat comme l'œuvre d'un petit groupe de fanatiques, les autorités judiciaires ont le réflexe de protéger l'État, dont toutes les enquêtes indépendantes ont néanmoins démontré le rôle dans ce meurtre », a déclaré RSF.

« Les juges se trompent s'ils pensent pouvoir ainsi désamorcer la charge politique de cette affaire et faire l'économie d'une mise en cause de l'Etat profond. L'onde de choc produite par l'assassinat de Hrant Dink dans la société turque les poursuivra jusqu'à ce qu'ils acceptent enfin de faire leur travail », ajoute RSF.

Les membres de l'IFEX ont attiré l'attention sur de nombreuses irrégularités survenues dans l'enquête sur le meurtre de Dink depuis le début du procès en juillet 2007, notamment l'élimination de preuves et la désinformation présentée au tribunal par les responsables de la sécurité et de la police.

« Le procès n'est pas encore terminé », dit Fethiye Cetin, l'un des avocats de la famille de Dink. « Ce qui vient de prendre fin n'a été qu'une farce. Pour les amis de Hrant, le procès ne fait que commencer. »

RSF se joint aux amis de Dink pour demander une manifestation sur le square Taksim d'Istanbul le 19 janvier, cinquième anniversaire de son assassinat, afin d'exiger la fin de l'impunité.

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A year after the assassination of Maltese journalist #DaphneCaruanaGalizia, a motion has been tabled in the UK… https://t.co/lFwmpL3po6