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En Turquie, l'état de santé de représentants des médias pro-kurdes empire depuis plusieurs semaines en grève de la faim

(RSF/IFEX) - 7 novembre 2012 - Reporters sans frontières fait part de sa profonde inquiétude devant la dégradation de l'état de santé d'une dizaine de représentants des médias pro-kurdes emprisonnés, en grève de la faim depuis plusieurs semaines.

"La situation est très grave. Ces personnes se rapprochent progressivement de la mort. Nous en appelons instamment à toutes les parties prenantes pour qu'elles adoptent, avant qu'il ne soit trop tard, une attitude positive permettant de résoudre les différends qui poussent les détenus à faire grève. Les autorités doivent impérativement gérer cette situation avec humanité et responsabilité", a déclaré l'organisation.

"La recherche d'une solution pacifique à la question kurde et l'amélioration de la situation de la liberté de la presse sont intrinsèquement liés. Nous réitérons notre appel en faveur de la libération immédiate de tous les journalistes et collaborateurs des médias actuellement emprisonnés du fait de leurs activités professionnelles."

D'après le ministère de la Justice, 682 détenus de 67 établissements pénitentiaires sont actuellement en grève de la faim. Ils réclament notamment le droit d'utiliser la langue kurde dans les tribunaux et la levée de l'isolement imposé au leader du PKK Abdullah Öcalan, emprisonné depuis treize ans sur l'île d'Imrali.

Parmi eux, au moins neuf journalistes et collaborateurs de médias. L'état de santé de Tayip Temel, ancien directeur de publication du quotidien en langue kurde Azadiya Welat, est particulièrement préoccupant. En grève de la faim depuis le 12 septembre dans sa prison de Diyarbakir, il souffrirait d'hémorragies internes et de pertes de perceptions. Il serait incapable de boire et de parler.

Fatma Koçak, de l'agence de presse DIHA, et Ayse Oyman du quotidien Özgür Gündem, toutes deux incarcérées à la prison pour femmes de Bakirköy (Istanbul), ne s'alimentent plus depuis le 24 septembre. Pelvin Yerlikaya Babir (DIHA), emprisonnée à Bakirköy et Faysal Tunç (DIHA), détenue à la prison de Kalkandere de Rize (Nord-Est), sont en grève de la faim depuis le 15 octobre. C'est aussi le cas de Selahattin Aslan (Demokratik Modernite), détenu à Kandira (région de Marmara), et de Sahabettin Demir (DIHA), à Giresun (Nord-Est). Mehmet Emin Yildirim (Azadiya Welat) et Ömer Faruk Caliskan (Özgür Halk), incarcéré à Kandira, ont également rejoint le mouvement.

Des intellectuels et journalistes de diverses tendances, dont Vedat Türkali, Garo Paylan, Aydin Engin, Ahmet Sik et Ertugrul Mavioglu, ont fait part de leur grande préoccupation pour leurs collègues.

Rassemblement pour les journalistes emprisonnés

Le 5 novembre 2012, une manifestation a rassemblé environ 500 personnes sur l'avenue Istiklal d'Istanbul sous le slogan "Pas de société libre sans presse libre", pour demander la libération des journalistes et collaborateurs des médias emprisonnés en Turquie. Parmi eux, des journalistes récemment libérés, comme Ahmet Sik, Nedim Sener, Baris Pehlivan, Baris Terkoglu et Vedat Kursun, ont répondu à l'appel de la plate-forme "Liberté pour les journalistes" (GÖP), qui rassemble la plupart des organisations professionnelles locales. Reporters sans frontières y était également représentée.

"Toute personne qui critique le pouvoir est immédiatement traduite en justice sur la base de la loi antiterroriste, ce qui a pour conséquence de remplir les prisons de journalistes, a souligné Ahmet Abakay, président de l'Association contemporaire des journalistes (CGD), qui assume actuellement la direction tournante de la GÖP. Les tribunaux dotés de pouvoirs spéciaux ne rendent pas la justice mais l'injustice, qui les fait traîner toute notre profession devant eux."

Nouveaux emprisonnements et remises en liberté conditionnelle dans l'enquête KCK

Le 7 novembre 2012, Zeynep Kuris, reporter à Mersin de l'agence de presse DIHA, a été placée en détention préventive à la prison pour femmes de Karatas (Adana, Est) après quatre jours de garde à vue. Elle est accusée d'"appartenance à l'Union des Communautés du Kurdistan (KCK)", le relais urbain du PKK. Deux collaborateurs du journal en langue kurde Azadiya Welat, Halime Parlak et Ergin Caglar, interpellés en même temps que la journaliste, ont été remis en liberté le 6 novembre. D'après DIHA, Zeynep Kuris, tout comme son collègue Özlem Agus mis en examen dans la même affaire, enquêtait sur des mauvais traitements commis contre des adolescents à la prison de Pozanti (Adana).

Le reporter de DIHA Sinan Aygül, incarcéré le 23 janvier 2011 à la prison de Mus (Est), a été libéré le 6 novembre 2012 en attente de son jugement. Le même jour, un autre journaliste d'Adana, incarcéré le 9 mai 2011 à la prison de Kürkçüler, Ahmet Akyol, a été remis en liberté conditionnelle. Il était accusé d'"appartenir au PKK'' et de s'être livré à de la "propagande en faveur de cette organisation''.

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