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Tribunal turc interdit les médias de reporter sur une explosion près de la frontière syrienne

Des gens se rassemblent au site d’une explosion dans le village de Reyhanli, près de la frontière entre Turquie et Syrie, le 11 mai 2013.
Des gens se rassemblent au site d’une explosion dans le village de Reyhanli, près de la frontière entre Turquie et Syrie, le 11 mai 2013.

Reuters

Reporters sans frontières dénonce la décision de la justice turque de limiter drastiquement la couverture médiatique du double attentat survenu le 11 mai 2013 à Reyhanli (région de Hatay, à la frontière syrienne).

« L'interdiction édictée par le tribunal de police de Reyhanli est une mesure disproportionnée et attentatoire au droit à l'information. Ces attentats comptent parmi les plus meurtriers de l'histoire récente de la Turquie : comment les informations qui s'y rapportent pourraient-elles ne pas relever de l'intérêt général ? Sous prétexte de lutter contre les rumeurs et de protéger le secret de l'enquête, la justice impose une mise au pas de l'information sur un sujet pourtant crucial. Nous lui demandons de lever immédiatement cette interdiction et de permettre aux médias de faire leur travail, indépendamment des communiqués officiels », a déclaré l'organisation.

« La terminologie vague et imprécise utilisée par le tribunal de police empêche les acteurs de l'information de mesurer l'étendue précise de l'interdiction et encourage l'autocensure. Dans les faits, cette décision ne permet pas aux médias de se faire l'écho des inquiétudes de la population locale et des critiques de la politique du gouvernement vis-à-vis de Damas. L'appel à l'union nationale est légitime, mais il ne saurait occulter le débat démocratique sur le contexte et les conséquences politiques des attentats. »

Le 11 mai 2013, deux explosions se sont produites devant la mairie et le bureau de poste de Reyhanli, faisant au moins 46 morts et une centaine de blessés. La ville abrite de nombreux réfugiés syriens et le siège de nombreuses ONG opérant en Syrie. Ce drame nourrit les inquiétudes quant à une extension régionale du conflit syrien.

Le jour même, le tribunal de police de Reyhanli a interdit à la presse écrite, aux médias audiovisuels et aux utilisateurs d'Internet de diffuser « toute information concernant l'état des morts et des blessés, ou relative à l'enquête ». L'« interdiction de publication », rendue publique sur le site du Conseil supérieur de l'audiovisuel (RTÜK), s'applique également aux « images détaillées » de la scène et des blessés. Cette décision fait suite à une requête du procureur de la République de Reyhanli. Officiellement, elle vise à protéger le secret de l'enquête et la vie privée des victimes (article 153 du code des procédures pénales).

L'Association turque des journalistes (TGC) a exigé des autorités qu'elles partagent avec les journalistes toute information relevant de l'intérêt général et qu'elles facilitent la tâche « déjà difficile » des représentants des médias. Le président de la Fédération turque des journalistes (TGF), Atilla Sertel, a déploré une « culture de l'interdiction qui n'apportera aucune solution ». « L'interdiction de publier ne fera que renforcer les interrogations, a-t-il déclaré. Elle nourrit la confusion et la mauvaise information de la population. »

Le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan soutient activement l'opposition au régime de Bachar Al-Assad. Les autorités turques ont accusé ce dernier d'être derrière les attentats de Reyhanli, ce que Damas dément.

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