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Au moins douze journalistes turcs victimes de violences policières en deux jours

Une journaliste documente la police pendant qu'ils reprennent la place Taksim d'Istanbul, le 11 juin 2013.
Une journaliste documente la police pendant qu'ils reprennent la place Taksim d'Istanbul, le 11 juin 2013.

Rex Features via AP Images

Reporters sans frontières dénonce fermement le regain de violences policières à l'égard des journalistes ces derniers jours en Turquie. Alors que de nouvelles manifestations se propagent dans les grandes villes du pays, l'organisation a dénombré au moins douze professionnels des médias agressés ou blessés en deux jours par les forces de l'ordre à Istanbul, Izmir et dans la capitale Ankara.

« Force est malheureusement de constater que la police n'a tiré aucune leçon de sa gestion scandaleuse du mouvement de protestation "Occupy Gezi". Près de trois mois plus tard, les forces de l'ordre ont recours au même degré disproportionné de violence. Les acteurs de l'information sont à nouveau délibérément pris pour cibles alors qu'ils ne cherchent qu'à témoigner des événements. Cette violence inacceptable est nourrie par l'impunité totale dont ont bénéficié les auteurs des exactions commises de mai à juillet. Une fois encore, nous demandons que des enquêtes complètes et impartiales soient diligentées pour identifier et sanctionner les auteurs de ces violences », a déclaré Reporters sans frontières.

Parmi les journalistes brutalisés par la police dans la nuit du 10 au 11 septembre à Istanbul figurent le reporter Ali Açar et le photographe Kaan Sagnak du quotidien Cumhuriyet. D'après le journal, ce dernier a été blessé au bras par « un tir de balle en caoutchouc effectué à deux mètres de distance ». Le photographe freelance Ufuk Kosar a été blessé au bras gauche. Les reporters Ugur Can (Agence DHA), Bülent Doruk (Agence Anatolie) et le photographe Ozan Kose (Agence France Presse) ont également été brutalisés par la police à proximité de la place Taksim.

Le journaliste et photographe indépendant Ahmet Sik a déclaré à Reporters sans frontières avoir reçu une balle en caoutchouc à la poitrine alors qu'il tentait de couvrir une interpellation sur l'avenue Istiklal, non loin de la place Taksim. Avec plusieurs autres reporters et cameramen, il a été brutalement repoussé par les forces de l'ordre et empêché de témoigner de la situation. Un policier a pointé vers lui son fusil à balles en caoutchouc en lui intimant l'ordre de ne pas s'approcher.

Toujours dans la nuit du 10 au 11 septembre, Serdar Akinan, propriétaire du site d'information www.vagus.tv, a déclaré sur Twitter que la reporter du site, Rabia Celik, avait reçu un coup de tête d'un policier alors qu'elle prenait des images. Le casque du policier ne portait pas de numéro d'identification.

A Izmir (ouest du pays), le reporter du quotidien de gauche Günlük Evrensel, Metehan Ud, a été passé à tabac par les forces de l'ordre. L'Association des journalistes de Turquie (TGC) a protesté contre cette nouvelle vague de violences, soulignant que près de 100 journalistes avaient déjà été brutalisés ou interpellés lors du mouvement de protestation « Occupy Gezi ».

Le 9 septembre, deux reporters de Günlük Evrensel à Ankara, Hasan Akbas et Birkan Bulut, avaient été passés à tabac par des policiers alors qu'ils tentaient de couvrir une manifestation dans le quartier de Tuzluçayir (district de Mamak). D'après Hasan Akbas, les agresseurs s'en sont pris aux journalistes en toute connaissance de cause, après avoir vu leurs cartes de presse et s'être assuré qu'il n'y avait pas de témoins.

Le même jour, la reporter du quotidien de gauche Birgün, Berna Sahin, a perdu connaissance quelques minutes après qu'une grenade assourdissante ait éclaté tout près d'elle dans le quartier d'Okmeydani à Istanbul. La journaliste circulait alors dans une rue contrôlée par les forces de l'ordre, s'était clairement identifiée comme journaliste, et assure qu'aucun manifestant ne se trouvait à proximité. Berna Sahin dénonce un « tir délibéré ».

Le 6 septembre, un journaliste du quotidien Hürriyet, Riza Özel, avait été blessé à la jambe par une balle en caoutchouc, alors qu'il se protégeait d'une intervention policière contre une manifestation sur le campus de l'Université technique du Moyen-Orient (ODTÜ) à Ankara. Il avait également été touché à la tête par une pierre lancée par un manifestant. Il avait perdu connaissance et été transporté à l'hôpital.

Retrouver les communiqués de presse publiés par RSF sur le mouvement « Ocupy Gezi »

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